Réplique à Dubuc

OPINION / M. Alain Dubuc, votre texte du 1er février m’a interpellé, mais pour les mauvaises raisons. Malgré votre érudition, vous semblez ne pas connaître la réalité du monde universitaire telle qu’elle a cours en notre province. Selon vos dires, l’Université du Québec à Chicoutimi (l’UQAC) serait « un petit établissement » par opposition aux universités à chartes (encore beau que vous ayez fait exception de l’Université Bishop’s dans votre comparaison !)

Pour votre gouverne, sachez que le professeur Gérard Bouchard, collaborateur régulier à La Presse+, coprésident de la commission Bouchard-Taylor, est professeur émérite à l’UQAC. L’UQAC dispose de l’un des deux centres mondiaux autorisés à procéder à l’analyse des matières dégivrantes utilisées en aviation commerciale. L’UQAC possède un centre de recherche dans le domaine du givrage atmosphérique financé par Hydro-Québec. D’ailleurs, les travaux du professeur Massoud Farzaneth en ce domaine sont mondialement reconnus. Des chaires de recherche en collaboration avec Rio Tinto (et autrefois Alcan) permettent le transfert technologique d’avancées conçues et testées dans les laboratoires de l’UQAC. Une des rares usines canadiennes d’extrusion de profilés d’aluminium a vu le jour suite à un partenariat technologique conçu et développé par le Centre d’entrepreneuriat et d’essaimage de L’UQAC (CEE-UQAC). Les réalisations cinématographiques de deux diplômés de l’UQAC ont été parmi les œuvres présentées lors de l’édition de 2016 du Festival de Cannes. La société française Ubisoft s’est installée récemment au Saguenay principalement au motif que l’UQAC dispense un programme universitaire de formation en jeux vidéo. Une école spécialisée (École NAD) de l’UQAC se trouve dans les locaux du Centre de recherche en informatique de Montréal (CRIM) d’où environ une quarantaine de finissants émergent chaque année. L’UQAC a dispensé au cours des dernières années, en partenariat avec des universités locales, des programmes de premier cycle et de second cycle en Chine, en Colombie, au Maroc et au Sénégal. Actuellement, de nombreux étudiants provenant de France sont inscrits à des programmes de premier ou deuxième cycle au Saguenay. 

Tout cela sans compter les nombreux finissants de l’UQAC qui, au fil des ans, ont contribué en la métropole et ailleurs dans la province au milieu artistique, à celui de l’enseignement, l’ingénierie, la gestion de projet tout comme la gestion d’organisations ; et encore !

Vos propos me déçoivent monsieur Dubuc, vous qui avez l’habitude d’étoffer vos analyses. Pareille chose en contexte universitaire, même dans un « petit établissement » tel l’UQAC, vous vaudrait un échec et l’obligation de reprise. Contrairement à ce que vous pensez, il n’y a pas de « hiérarchisation des universités ni de façon explicite ni de façon implicite ». Si je suis votre ligne de pensée, devrais-je croire que le travail des journalistes de La Presse+ est aussi valable que celui des journalistes du Washington Post ? Personnellement, je n’en ai aucun doute. Il devrait en être de même pour vous en ce qui concerne les réalisations des universités en région et la pertinence de leur existence !

Daniel Gagnon, directeur

MBA pour cadres, UQAC

ET LE GRANIT?

OPINION / Depuis des années, on tente d’attirer les entreprises minières afin qu’elles transitent par la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour transformer leurs produits et les exporter. Les projets dont on entend le plus parler, depuis 10 ans, sont associés à la mine Niobec (Saint-Honoré, 14 km), Ariane Phosphate (Lac à Paul, 250 km) et Métaux BlackRock (Chibougamau, 360 km). Or, il y a une autre ressource minière qui est présente en quantité partout dans notre région : le granit. 

Voici le peu qu’on en dit, à la page 25 du rapport 2017, Suivi du Sommet économique régional : « Le granit est une pierre architecturale qui est utilisée pour la production de pierre dimensionnelle de forme spécifique (souvent polie) ou encore de pierre brute. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean compte une vingtaine de carrières de granit actives et une quinzaine d’indices en évaluation. La variété de couleurs et de textures… explique en partie le nombre élevé de carrières dans la région. Une seule compagnie a une usine de transformation de la pierre. L’industrie du granit est actuellement en mutation et les industriels doivent s’adapter à la concurrence des nouveaux produits et à la demande pour des produits d’aménagement plutôt que d’architecture. »

Le ministère des Ressources naturelles nous apprend qu’« environ 80 à 90 % du granit produit comme pierre architecturale au Canada provient du Québec. Au Québec, la principale région productrice est le Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec 40 % de la production totale, suivie par la région de la Capitale-Nationale avec 30 % ». 

Mais, dans le monde, la production de pierres ornementales, principalement le marbre et le granit, ne cesse de croître. Bien que dans ce domaine, ce soit « la Chine, l’Inde, la Turquie, le Brésil, l’Italie et l’Espagne qui représentent plus de 70 % de la production mondiale », selon le World Stone Report 2015, il serait important de valider si notre région peut mieux se positionner. La situation au Saguenay est similaire à celle de la région de Québec et sur les huit entreprises que comptent ces deux régions, trois d’entre elles sont les mêmes. Dans ce monde concurrentiel, ne serait-il pas à propos de réunir ces entreprises pour identifier les conditions gagnantes afin d’être plus productifs et plus compétitifs et surtout pour augmenter la transformation locale plutôt que d’exporter le produit brut ? Les ressources sont immenses et plusieurs variétés n’ont pas encore été exploitées. Et cela ne demanderait pas des millions de dollars d’argent public (congés de taxes, etc.) pour y parvenir.

Jacques Pelletier

Chicoutimi