Rencontres imprévues qui bouleversent nos quotidiens

OPINION / Il vaut toujours mieux être prévenu d’une visite importante. Aujourd’hui, c’est le monde entier qui refuse cette visite virale.

Nous sommes tous impliqués malgré nos raisons personnelles et nos désirs les plus brûlants. Les autorités nous ordonnent de nous confiner dans nos résidences. La situation n’est pas sous contrôle et l’ennemi donne la frousse.

Les conséquences affectent non seulement ceux qui en sont affectés, mais voilà que tous les autres, les nous-mêmes individuels, deviennent des victimes collatérales. C’est du sérieux. Nous voici en face de soi, prisonnier de nos pensées, prisonniers avec nos projets. C’est une sorte de sauve-qui-peut ! La liberté devient dangereuse. La solitude s’installe subrepticement et s’attaque à toutes nos fibres sensibles.

C’est le bon temps de revoir nos priorités. Les intensifs déploiements qui font grand bruit sont éteints. Nous pouvons jouir du silence, nous pouvons réfléchir. S’il nous est impossible d’être dans les réunions monstres, le temps est venu de configurer d’autres activités artistiques.

Il est pratiquement impossible de s’adonner à l’art visuel à moins de créer, la satisfaction gastronomique est perturbée, le toucher est devenu une conséquence de notre internement, il ne nous reste que les plaisirs personnels. Parmi ces passe-temps, il faut compter sur la lecture et la musique que YouTube distribue à volonté.

Nonobstant, au cas où les sujets connus et exploités vous apparaissent sans intérêt, je vous suggère de faire revivre deux oubliés, Arthur Villeneuve et Georges St-Pierre. Saviez-vous que Villeneuve a traité pratiquement tous les sujets qu’il a entendus à l’église. Il a raconté toutes les histoires que lui ont racontées la trentaine de bûcherons pendant tout un hiver. Il a interprété tous les sujets qui circulaient sur le début de l’univers. Entre autres, il n’a pas craint de nous décrire la création du monde, ce que l’homme pensait il y a deux mille ans. Dans un élan de poésie, pour exprimer la douleur d’un départ, il s’exprimera par pied qui va main qui retient. Pour évoquer la Semaine sainte, il a peint Le Golgotha. Ce peintre d’une qualité artistique exceptionnelle reste toujours inconnu pour des raisons précises.

Que dire du peintre St-Pierre ? Il est facile de le résumer. Pour n’avoir peint que des sujets de notre culture par nos us et coutumes, il n’a pas oublié nos légendes qui ont orné les longues soirées d’hiver. Il a le droit de porter fièrement le titre du peintre emblématique du Québec.

Jean-Louis Gagnon

Chicoutimi-Nord