Le Centre islamique culturelle de Québec est rouvert à la communauté.

Reflet imprécis de notre société

OPINIONS / M. François Bourque, l'éditorial que vous avez signé le lundi 30 janvier m'a interpellé, et pas très positivement, je dois l'avouer. Certes, comme la très, très grande majorité, même la totalité des Québécois, je condamne vigoureusement l'attentat qui a été commis dans la mosquée de Sainte-Foy. L'exemple que nous donnent trop souvent les djihadistes, je ne connais personne ici qui souhaite s'en inspirer dans ses actions quotidiennes et qui entende répondre au mal par le mal. Ceux dont c'est l'objectif sont vraiment des marginaux, et c'est évident.
C'est pourquoi, selon moi, les propos de deux ressortissants étrangers que vous nous rapportez, vous auriez bien mieux fait de les taire, tant ils sont inappropriés. Et je n'aime pas me faire charrier.
L'occasion de commenter les actes terroristes perpétrés ici et là sur la planète nous est donnée trop souvent, et les islamistes en ont presque l'exclusivité. On peut le regretter et s'en désoler, mais c'est ainsi. Heureusement, chaque fois, tous les communicateurs, journalistes, chefs de nouvelles, politiciens et citoyens ordinaires, d'une voix unanime, nous assurent que ces attentats sont le fait d'individus isolés, et que l'Islam n'est pas en cause.
Or, au contraire, ces deux personnes, elles, s'empressent de généraliser et de nous taxer de racistes tous autant que nous sommes. Elles parlent de racisme systémique, de profilage racial, et que sais-je encore !
Cela me donne à penser dans quel esprit certains ressortissants étrangers s'amènent chez nous. Beaucoup ont fui un enfer de violence et d'intolérance pour venir dénigrer et haïr le pays infiniment pacifique et tolérant qui les a accueillis. Je rappelle aussi au passage que l'Islam est une religion, une doctrine, pas une race.
« Jusqu'au 11 septembre, je ne savais pas que j'étais immigrante », aurait dit Mme Kenza Elazzouzi. L'attentat du 11 septembre 2001 a fait près de 3000 morts, on s'en souvient. Ce n'est quand même pas une bébelle. Ce jour-là, j'ai vu, non pas des individus isolés, mais des populations musulmanes entières applaudir chaleureusement et célébrer l'événement à grand bruit. Il me semble qu'on serait méfiant pour moins que ça.
« À part la France, je n'ai jamais vu un pays aussi hypocrite qu'ici », aurait renchéri un autre. Nous sommes donc presque au sommet de la duplicité, sur la deuxième marche du podium ! Jamais je ne l'aurais cru si on ne me l'avait pas dit. Ce que je me demande, toutefois, c'est si, moi, je pouvais, comme immigrant dans le pays d'où viennent ces deux personnes, déclarer publiquement que je suis athée ou que je suis un musulman, surtout une musulmane, non pratiquant (e).
Les bonnes relations, ça se cultive, et il me semble que nous faisons largement notre bout de chemin, malgré les heurts inévitables et même les incidents qu'occasionne le contact de cultures différentes. D'autres semblent préférer brandir la hache de guerre. Mais, M. Bourque, comme journaliste, vous n'êtes pas tenu de donner tête première dans ce cas de figure.
Clément Martel
Chicoutimi
L'hôtel de ville de Saguenay
Une devise pour Saguenay
OPINIONS / Au bout du fjord, un royaume. Quoi comprendre ? Un fjord, ç'a un commencement et une fin, donc deux bouts. Si le royaume est un bout du fjord et que c'est le bout où il commence, il inclut de ce fait Sainte-Rose-du-Nord, Sagard, Petit-Saguenay, L'Anse-Saint-Jean, Rivière-Éternité, Sacré-Coeur, Saint-Félix-d'Otis et La Baie, car ce bout est situé à Saint-Fulgence et ces municipalités font géographiquement partie du Royaume du Saguenay.
Si le Royaume est le bout du fjord où il se termine, il commence donc à Tadoussac et peut potentiellement aller jusqu'à Vancouver ce qu'il était historiquement parlant au 16e siècle.
Saguenay vient de l'iroquois « Saga Nipi » (phonétiquement Sagané, pi [muet] veut dire « où l'eau sort »). Cartier l'entendit la première fois en septembre 1536, par le fils de Donnacona qui lui indiquait l'un des deux chemins à prendre pour se rendre dans un royaume où les gens avaient de l'or et de beaux habits. Ce royaume, les Amérindiens le situaient en haut du lac Supérieur, en Ontario aujourd'hui, l'autre chemin étant la remontée du fleuve Saint-Laurent du canal Lachine [nommé par Cartier] et de la rivière Ontario. Cartier était à l'ancre dans la baie de Tadoussac et l'Amérindien lui pointait la rivière d'où l'eau sortait comme étant le chemin le plus facile. Cartier l'inscrit dans son livre de bord et nommait de ce fait « la rivière de Saguenay », Cartier se croyait en Chine [Cathay]. Aujourd'hui, la rivière a donné son nom au territoire qui la longe et la touche. Le Royaume s'est réduit et a perdu son immensité occidentale et le bassin démographique oriental qui l'alimente.
Par respect pour l'histoire et le gros bon sens des mots, des faits et des points cardinaux, je suggère humblement : « Saguenay un Fjord, un Royaume, une ville. »
C'est inclusif et précis géographiquement, chronologiquement et historiquement.
Ferdinand Lavoie
Chicoutimi