Rectification et présentation de faits

OPINION / Pour faire suite aux propos tenus dans la lettre de M. Jean-François Tremblay, parue dans le Carrefour des lecteurs du Quotidien du 11 février 2019, concernant le projet de terminal maritime en rive nord du Saguenay, nous tenons à rectifier certaines affirmations erronées qui s’y trouvent. En conséquence, voici les faits:

« La construction d’un autre port par du financement public... »

Le projet de nouveau terminal en rive nord vise à permettre à Arianne Phosphate d’exporter son produit sur les marchés mondiaux. Le financement de toutes les infrastructures qui se rapportent uniquement à leurs produits sera assuré entièrement par Arianne Phosphate. Le financement de la partie multiusager du terminal sera assuré par Port de Saguenay selon les possibilités de financement qui lui sont accessibles, basé principalement sur les engagements de la minière. Le terminal ne sera pas construit « dans l’espoir que le projet d’Arianne Phosphate voit le jour », il sera en fait construit seulement si le projet d’Arianne Phosphate se concrétise et finance elle-même ses infrastructures.

« … puis transiter par un réseau de convoyeurs (2 km) … »

Le convoyeur prévu sera d’environ 750 m entre le déchargement des camions et le convoyeur de quai.

« … le quai qui s’avancera sur plus de 800 mètres dans le Saguenay… »

Le quai aura une longueur de 280 mètres et sera positionné parallèlement à la rive étant donné la grande profondeur du Saguenay. L’infrastructure s’avancera dans la rivière sur environ 70 mètres et non 800 mètres.

« On estime à 180 % l’augmentation du trafic maritime. »

Le trafic maritime actuel sur le Saguenay est d’environ 230 à 250 navires par an. Les projets mentionnés, soit Énergie Saguenay (160/an), Métaux Blackrock (25/an) et Arianne Phosphate (60/an) viendraient donc ajouter, s’ils se concrétisent tous, environ 245 navires par an, soit l’équivalent du trafic actuel. Ainsi, en additionnant le trafic actuel ainsi que les prévisions des projets mentionnés, c’est donc en moyenne moins de 1,4 navire/jour qui fréquenterait le Saguenay. Aussi, Arianne Phosphate a signé une entente avec Rio Tinto afin d’utiliser les mêmes navires, ce qui est susceptible d’abaisser cette moyenne.

Il est important pour l’Administration portuaire du Saguenay que l’information diffusée soit la bonne afin que la communauté puisse avoir un portrait juste de la situation concernant ces projets.

Carl Laberge, ing., M.Sc.A., MBA

Directeur général

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ADMINISTRATION PORTUAIRE DU SAGUENAY

OPINION / Ils ne vous le diront pas.

Il y a une nette différence entre la science et les savants. La première est objective, les seconds sont influencés et souvent bâillonnés par les modes, dogmes, religions, idéologies considérés comme indiscutables. Aussi garderont-ils le silence au sujet de l’énergie à laquelle fonctionnent réellement les automobiles électriques qui se multiplient sur la planète. Ils seraient vite ostracisés et mis au régime sec quant aux subventions de recherche.

Selon les données de 2010, et il est peu probable que les choses aient changé significativement, ces voitures roulent à l’énergie thermique – charbon, diesel, gaz naturel, etc. – dans 68 % des cas et au nucléaire dans une proportion de 14 %. Il ne reste aux énergies renouvelables et non polluantes que 18 % de l’électricité disponible pour mouvoir les véhicules, soit 16 % attribuable à la force hydraulique contre 2 % à l’éolienne et aux autres modes de production d’électricité.

Cela, c’est sans compter l’énergie grise, c’est-à-dire celle qui est nécessaire pour implanter les infrastructures génératrices ou pour en disposer. À cet égard, l’éolienne est la championne toutes catégories, compte tenu de son efficacité relative. Il est néanmoins notoire que le Québec vit dans un monde idéal quant à la production d’électricité ; mais il fait figure d’exception.

Les savants ne vous avoueront pas davantage que la fabrication des accumulateurs moteurs a un impact environnemental majeur. Il faut dire que cet impact se fait sentir ailleurs que dans les pays qu’on dit développés, ces cagots prompts à se mettre la tête dans le sable, pour qui ce qui se passe hors de leurs frontières n’existe pas.

N’empêche, pour extraire le lithium et l’isoler, dans bien des contrées, on ruine les terres et on empoisonne les populations, sans compter que la recherche frénétique de nouveaux gisements ignore souverainement les peuplements indigènes, démunis devant l’invasion des promoteurs cupides. Car le prix de ce métal a flambé à mesure qu’explosait la demande ; depuis 2003, il a été multiplié par vingt-cinq. Il tombe enfin sous le sens que c’est surtout dans les pays où la dignité humaine pèse le moins lourd dans la balance qu’ont lieu ces exactions ; on n’y craint généralement ni l’esclavage ni l’exploitation des enfants.

On me traitera d’iconoclaste, et cela me convient, dans le sens où, depuis que je suis entré dans l’âge adulte, je n’ai pas peur des veaux d’or. Or, de ces idoles, aujourd’hui, il y en a plus que jamais, si bien qu’on n’en finirait pas de les jeter en bas de leur socle.

Clément Martel

Chicoutimi