Reconnaître que les réseaux sociaux font du bien

OPINION / Cela, même suite à la baisse de confiance de millions d’adeptes de Facebook envers ce réseau social, accusé de vendre nos données personnelles à des occultes. Walmart, qui s’est conduite en très mauvais citoyen corporatiste, a, et c’est bien fait, goûté à la médecine des réseaux sociaux dernièrement. La multinationale s’est excusée sans surprise, parce que son geste fut tellement ignoble que l’information a déferlé comme une traînée de poudre. Et comme on le sait, l’image de marque n’a pas de prix.

Après le mal de cœur provoqué par Walmart dans l’opinion publique, le moment, à mon sens, était bien mal choisi pour défendre cette compagnie de quelque façon que ce soit. Mais contre toute attente, un lecteur d’opinion de Granby dans Le Quotidien a eu la mauvaise idée de reconnaître ce que cette compagnie pouvait, malgré cela, faire du bien. 

C’est un fait que la multinationale ne s’est jamais targuée d’agir en bon citoyen corporatiste, si ce n’est que pour laisser tomber des miettes de table pour soigner son image. Par exemple, en participant à un programme d’employabilité avec les Services sociaux pour aider des personnes atteintes de déficience intellectuelle à s’insérer socialement. Mais c’était déjà trop pour elle. Si bien que le fait d’avoir mis fin à ce programme d’une façon unilatérale et inconsidérée fut, pour la très grande majorité de la population, même parmi ceux qui n’ont pas le choix de magasiner chez cette multinationale, le geste qui a dépassé les bornes. 

À telle enseigne que suite au tollé, au courroux et aux menaces de boycottage manifestés sur les réseaux sociaux, Walmart a senti la nécessité de reculer en essayant de ramener au bercail des employés traités ni plus ni moins comme dans le tiers-monde. Mais trop tard, ces personnes ont quand même un minimum de dignité. À Dacca, capitale du Bangladesh, des millions de crève-la-faim n’ont pas le choix, même au péril de leur vie, de ramasser les miettes de table que les multinationales leur laissent tomber. Sauf que le bien qu’il faut leur reconnaître, est de nous permettre une meilleure vie à nous Occidentaux en profitant largement de l’esclavagisme 2.0, point à la ligne.

 Sous le vernis de bon citoyen corporatif de Walmart, évidemment que l’on va lui trouver des bontés ; comme celle de faire travailler du monde. Mais il me semble que le moment était fort mal choisi pour nous le rappeler.

Marcel Lapointe,

Jonquière

La ville des bâtisseurs

OPINION / Commentaires faits à M. Gervais Jacques, directeur exécutif, division Atlantique Rio Tinto, lors de la présentation du 19 février de l’Espace des Bâtisseurs, un forum de dialogue numérique.

Le but de mon intervention est d’améliorer l’acceptabilité sociale du projet Vaudreuil au-delà de 2022.

Je suis fermement pour la survie de l’Usine Vaudreuil, des emplois qui y sont rattachés et solidaire des travailleurs. Je suis également pour que le milieu urbain dans lequel on vit tous les jours soit sécuritaire et favorable à la santé humaine. Je favorise donc un site non urbain pour l’accumulation des résidus de bauxite. 

Si on cherche les millions manquant à cette réalisation, relativisons les 250 millions $ promis par Rio Tinto.

Pour ce faire, on peut se demander quels seraient les coûts de la fermeture de l’Usine Vaudreuil : la démolition, la décontamination du site, le lac de boues, le site de Laterrière fermé depuis plusieurs années et toujours à ciel ouvert, la mise en place d’un nouveau mode d’approvisionnement en alumine, etc. 

Quel en serait le coût ? Un milliard, un milliard et demi je ne le sais pas, mais je sais que l’argent investi ne rapporterait pas un sou. En somme, pas une bonne affaire.

De plus, est-ce que la fermeture de Vaudreuil a un impact sur l’entente de 2006 avec le gouvernement du Québec qui assure à Rio Tinto Alcan un prêt sans intérêt de 400 millions $ remboursable dans 30 ans et une aide fiscale de 112 millions $ (Le Devoir, 29 février 2012) ?

Est-ce que les 250 millions promis proviennent du prêt de 400 millions ?

La bonne affaire, pour Rio Tinto, c’est d’investir les millions nécessaires à la réalisation d’un site alternatif à l’extérieur de la ville ; ainsi la compagnie protégerait l’héritage urbain des bâtisseurs de la région et maintiendrait ce milieu urbain compatible avec l’image d’un aluminium vert et ce serait gagnant pour l’acceptabilité sociale. »

Finalement, les 1000 emplois sont sauvés et, selon moi, ont toujours été sauvés. 

Le chantage de la perte de ces 1000 emplois a forcé la main aux gouvernements provincial, municipal, aux travailleurs et à l’ensemble des citoyens pour accepter l’implantation de ce dépotoir au cœur de la ville. 

Rio Tinto fait ce qu’elle veut comme elle le veut et toujours plus de milliards.

Jean-Yves Langevin,

Saguenay