Reconnaître ce qu'ils font de bien

OPINION / Le grand Charles Lafortune vient de nous faire sa petite crise médiatique au sujet de la politique d’embauche de Walmart. Je ne crois pas que ce monsieur aille acheter ses beaux habits ni son épicerie à cette bannière. Il devrait justement y mettre les pieds pour y constater que cette multinationale fait travailler beaucoup de gens n’ayant peut-être pas les mêmes capacités que lui et croiserait sûrement du monde ordinaire qui apprécie avoir ce magasin pour se vêtir et manger à leur faim à des prix abordables.

Tout le monde sympathise avec M. Lafortune du fait qu’il a un garçon atteint d’autisme, mais il n’est pas le seul. Cette famille ne vit pas dans la pauvreté et je suis convaincu que leur garçon n’aura jamais à travailler chez Walmart. Si M. Lafortune veut augmenter sa popularité, je lui suggère de suivre « la voie » de son collègue M. Pierre Bruneau qui, lui, a créé un mouvement très positif afin d’aider les jeunes qui sont atteints d’un cancer, comme son garçon Charles, et non de critiquer un système dans le confort de son foyer. Combien de ses amis humoristes se sont moqué des employés de Walmart et on n’a jamais vu la vedette de TVA monter aux barricades et les critiquer avec des mots empruntés à la religion catholique.

Ceci ne constitue pas un appui inconditionnel à Walmart, car ils ont certains torts, mais il faut quand même reconnaître ce qu’ils font de bien.

Yvon Lavoie, Granby

Pâques éclipsé par le chocolat?

OPINION / Parmi toutes les célébrations de l’année, c’est à l’approche de Pâques que le chocolat gagne en popularité et demeure le plus vendu. Plus qu’à la Saint-Valentin je dirais. Tellement que dès  la mi-février, juste après la fête des amoureux, des chocolats de Pâques sont déjà mis en vente dans plusieurs pharmacies du Québec. 

Bon, je suis loin de me plaindre, car j’adore le chocolat et voilà une occasion en or d’en trouver un peu partout et souvent au rabais. Outre les pharmacies, on en trouve bien entendu dans les épiceries. Évidemment, il y a les chocolateries, mais on doit cependant payer plus cher pour du chocolat haut de gamme. Mais quand on aime vraiment le chocolat, on ne regarde plus le prix.

Cette surenchère commerciale du chocolat à Pâques éclipse presque la célébration de celui qui avait chassé les vendeurs du temple, ce haut lieu de prière. Que dirait-il de voir que le chocolat est mis plus en valeur que la symbolique de sa résurrection ?

Mais bon, ne vivons-nous pas aujourd’hui dans un monde où les églises sont devenues presque désertes, sauf à Noël, autre célébration en son honneur qui verse aussi dans le commercial. Sans doute que là où il se trouve, Jésus doit nous regarder l’air découragé. 

Jésus est celui qui a dit « aimez-vous les uns les autres ». Et il pourrait ajouter : « Arrêtez de dépenser et de vous empiffrer à mes dépens et recueillez-vous en pensant à moi, dans un élan de grande sobriété et de simplicité volontaire. J’en serai bien content. » De quoi se racheter pour la prochaine célébration de Pâques.

Yvan Giguère, Saguenay

Le précédent existe

OPINION / Quand je ferai mes impôts dans les prochains jours, je vais avoir des pensées spécialement malsaines pour les médecins spécialistes qui, elles et eux, en mars, se sont partagé plus de 500 M$ et useront de tous les abris fiscaux à leur disposition, comme l’incorporation, pour en retourner le moins possible au Trésor public. Ce demi-milliard constitue une partie d’une entente signée entre le gouvernement et la puissante FMSQ, intervenue il y a plus de dix ans pour une raison de rattrapage salarial. La poursuite de cette entente va s’échelonner sur huit ans avec à la clé 11 % d’augmentation. Inutile de pérorer sur tout ce que le ministère de la Santé aurait pu réaliser seulement avec ce demi-milliard pour améliorer toutes sortes de conditions devenues intenables autant pour les malades que pour le personnel soignant.

Le gouvernement Couillard tient mordicus à respecter une entente signée entre l’État et la FMSQ. Des alliés naturels sur lesquels il veut compter pour poursuivre la privatisation des soins de santé. Or, si Philippe Couillard vivait au Québec entre l’âge de 30 et 40 ans, il devrait savoir qu’en 1982-83, un gouvernement, péquiste celui-là, a renié une entente avec des alliés naturels, lui aussi : les 300 000 salariés de l’État. 

Pour faire court, à la fin des années 70, pour préserver la paix sociale en vue du référendum de 1980, le gouvernement et ses syndicats avaient signé une entente, stipulant notamment un rattrapage salarial en quatrième année du contrat de travail. Cependant, en 1982, le gouvernement reniait l’entente en invoquant des raisons budgétaires. La suite, les plus vieux s’en souviennent : décrets, loi spéciale (111) menaçant les professeurs en grève de perte d’ancienneté, d’amendes, voire de congédiements. Preuve qu’un gouvernement a toujours le loisir de manquer à une parole accordée à des alliés naturels. 

Alors, quand le premier ministre Philippe Couillard avance qu’une entente avec les médecins spécialistes doit être respectée à tout prix, il n’est pas crédible à mes yeux et à ceux de bien d’autres.

Marcel Lapointe, Jonquière