Quoi ? Québec Debout ?

OPINION / Dans un nom d’organisme ou d’entreprise, il est à propos de reconnaître sa vocation, son objectif, sa raison sociale. Par exemple la compagnie « Aluminium Untel », la Coopérative forestière... Pour un parti politique, il devrait en être de même. Commençons par le dernier venu : Québec debout. Ça ne dit rien de prime abord. Des personnes peuvent être debout, mais un État non. Dans son sens propre, c’est un état statique. L’expression se tenir debout veut signifier que quelqu’un est en mesure de s’affirmer et de revendiquer. Tous les partis à la Chambre des Communes sont considérés comme fédéralistes. Dans le cas du parti Québec debout du Canada, ce serait de faire en sorte que les droits des Québécois soient respectés. Pas besoin de faire une défense nationale. Nous ne sommes pas attaqués. Alors, pourquoi ne pas avoir comme appellation « Parti de l’affirmation des Québécois » ?

La cause de l’indépendance du Québec doit être promue par un parti relevant de l’État québécois et ayant une charte québécoise. Le « Bloc québécois » et « Québec debout » sont des partis fédéralistes. Québec debout cache dans son appellation, tout comme le Bloc québécois, sa vocation indépendantiste. En plus d’être des appellations statiques, elles ne sont pas rayonnantes. Quand tu caches ta vocation dans ton appellation, ça manque d’authenticité et de force. En plus, ça attire la raillerie. Le Bloc bloqué ; Québec debout n’a pas besoin de sièges...

Quant au Parti québécois, lui non plus, son appellation ne laisse pas entendre sa cause. Comme il y a plusieurs partis politiques au Québec, il ne peut réclamer qu’il rallie tous les Québécois. Comme son nom pourrait le laisser entendre, il n’y a rien dans le nom du Parti québécois qui laisse entendre la raison principale de son existence, l’indépendance du Québec.

M. René Lévesque avait d’abord mis sur pied le Mouvement Souveraineté-Association. Le but, regrouper en un seul parti les membres de l’Alliance laurentienne, Le Rassemblement pour l’indépendance du Québec, le Rassemblement national. M. René Lévesque n’était pas en faveur de l’appellation de « Parti québécois » pour coiffer les divers mouvements indépendantistes d’alors. Mais en grand démocrate, il s’est rallié. Tout comme le Bloc québécois, le Parti québécois devra s’affirmer et inclure dans son appellation sa mission. À titre de suggestions : « Parti pour l’indépendance du Québec ; Parti pour un Québec souverain ». Il y a des limites à promouvoir une cause et la cacher derrière un nom.

Martin Belley

Saint-Nazaire

Un débat en anglais

J’ai appris il y a quelques jours qu’il y aurait en septembre un débat des chefs des partis politiques du Québec… en anglais. 

 Ai-je bien compris ? Un débat en anglais pour les élections québécoises !

Je comprends fort bien que, lors d’une élection générale au Canada, il y ait 2 débats, l’un en anglais, l’autre en français. C’est tout à fait normal parce que le Canada a voté en 1969 la loi sur les langues officielles faisant du Canada, du moins en théorie, un pays où le français et l’anglais devenaient officiellement les deux langues officielles.

Donc, pour le Canada, c’est clair.

Pour le Québec, je me demande qui souhaite un débat en anglais. Certains commentateurs ont parlé d’un débat en anglais pour les immigrants. Si tel est le cas, quel est le message que l’on veut leur donner : il ne serait donc pas nécessaire d’apprendre le français ; il leur suffirait d’apprendre l’anglais, car les politiciens leur parleraient en anglais. Le français devient donc accessoire, voire une langue folklorique.

Est-ce que le débat en anglais s’adresserait plutôt aux anglophones du Québec ? Peut-être, mais on peut présumer que la majorité de ceux-ci ont une bonne compréhension de la langue officielle du Québec.

Alors, pourquoi donc faire un débat en anglais au Québec ?

J’entends déjà vos commentaires et même je m’entends être traité d’anglophobe. Cependant, je vous rappellerai poliment qu’aucun d’entre vous ne crie au francophobe en l’absence d’un débat en français pendant la campagne électorale provinciale en Ontario. Dans mon souvenir, aucune province du Canada, si on fait exception du Nouveau-Brunswick, province officiellement bilingue, n’a tenu de débat des chefs en français.

Pourquoi chez nous, alors ?

Il apparait évident que certains rêvent d’un Québec bilingue où inévitablement c’est la langue anglaise qui aurait préséance.

Pierre Lincourt

Chicoutimi