Qui sont les gagnants ?

OPINION / En général, la bonne gestion de la crise par le gouvernement Legault est surprenante à plusieurs égards.

L’homme qui avait déjà en majorité conquis les Québécois par son franc-parler et pour son amour de la nation ne pouvait être au meilleur endroit au meilleur moment. Il brille par ses qualités de leader et par la rapidité décisionnelle dont il fait preuve. Il a saisi immédiatement l’urgence d’agir dans l’intérêt commun en prenant des décisions difficiles afin de protéger la population.

Sachant que l’empressement d’agir est la meilleure arme devant ce virus, disons qu’il a su dégainer très rapidement. Brillamment, ce gouvernement prend les devants sur les événements, les appréhende avec justesse et ne les minimise pas. Il devance même le gouvernement fédéral de plusieurs longueurs, tellement ce dernier semble faire du surplace.

Une autre qualité dans une situation de crise extrême, c’est de bien s’entourer et d’exercer une communication constante, fluide et honnête. Avec sa décision précoce de communiquer quotidiennement, à une heure bien établie, accompagné de différents acteurs liés aux annonces importantes, il a aussi visé dans le mille.

Que dire maintenant des ministres impliqués ? Ils ont tous été emportés par l’énergie, la force, le sang-froid et le leadership du premier ministre. Grâce à cette énergie contagieuse, tous semblent bien assis sur leur trône de commandement, aucun n’y cadre pas, son équipe dégage confiance.

De plus, la fluidité et la simplicité avec lesquelles sont données les consignes générales et sanitaires de la part du directeur national de la Santé publique du Québec, M. Arruda, facilitent la compréhension générale.

Oui, sans aucun doute, ce gouvernement fait la grande différence.

Toutefois, tout n’est pas rose. Le Québec est menotté sur le plan décisionnel. Plusieurs façons de faire sont interdites et beaucoup de changements circonstanciels sont impensables. Plusieurs sujets traitant des enjeux sociaux sont tabous, voire même censurés par nos élites bien pensantes de tout acabit. Pourtant, ne faisons-nous pas face à une catastrophe sans précédent ? Aurions-nous dû partager les économies collectives d’une façon plus équitable ? Nos gouvernements qui se succèdent les uns après les autres sont faibles devant ces différents lobbyistes puissants et devant ces syndicats égoïstes. Nous sommes des êtres individualistes cachés derrière les décisions de nos associations.

Ce virus a tous les défauts, mais il a su mettre à la vue de tous les privilégiés de notre société. Plusieurs du service public sont en arrêt forcé. Cent pour cent de leur salaire est garanti, peu importe la durée de cet arrêt. C’est indiscutable, il ne faut même pas s’y arrêter, c’est la logique même. Encore une fois, la rapidité du gouvernement est appréciée. En revanche, il y a des centaines de milliers de mises à pied dans le secteur privé. Les travailleurs doivent se tourner vers le chômage, donc 60 % de leur salaire pour une période prescrite, un pouvoir d’achat diminué et une angoisse face au futur. Pour d’autres, les petites et moyennes entreprises... rien de concret.

Que de la théocratie à son meilleur de la part nos gouvernements. Des grandes annonces avec plusieurs zéros en artillerie ayant pour seul but d’épater la galerie. Simplement des produits bancaires offerts, moratoires de prêts, reports de taxes, reports d’hypothèques (munis de factures d’intérêts). Aucun chômage pour ces propriétaires, aucune aide, que ces produits bancaires qui les fragilisent davantage. Quelle unité face à cette crise !

Dans ce monde où tous s’insurgent devant l’inégalité et la discrimination, il est hallucinant de constater avec quelle aisance déconcertante nos politiciens n’ont aucune honte à pointer les gagnants, à choyer certains, à nommer ceux qui méritent leur plein salaire et ceux ne le méritent pas. Assez révélateur n’est-ce pas ? Toi, tu es légitime et toi, non. Toi, rien et toi tout. Les syndicats québécois terrorisent, dirigent nos politiciens et affaiblissent notre société. Tout ça avec l’extase généralisée des acteurs aveugles, mais contemplatifs. Prenez note que mon analyse n’est que circonstancielle.

Joseph Simard

Petit entrepreneur délaissé

Chicoutimi

COVID-19 ET ACCÈS AU TEST

Le Québec a choisi une stratégie très sélective d’accès au test de la COVID-19 de façon à identifier les cas prioritaires pour les démarches de suivi et d’enquête du personnel de la santé communautaire. La progression du nombre de tests ne s’est pas adaptée à la progression de la maladie. Le nombre de tests par jour a été en moyenne de 83 du 12 au 21 mars et de 1095 par jour du 12 au 21 mars. Il y a une légère augmentation dans les derniers jours. Des citoyens ayant des symptômes de la maladie ont été privés du droit d’accès à un diagnostic nécessaire pour l’accès aux soins de santé. Les exclus du système de tests envahissent maintenant les urgences et ceux qui sont atteints de la COVID-19 contaminent le personnel qui ne dispose pas des équipements nécessaires à leur protection. Il y a urgence à revoir le protocole des urgences, les critères d’accès au test et d’augmenter le nombre de ces tests.

Gilles Bergeron, économiste

Saguenay