Qui irait s’installer à Val-Jalbert?

OPINION / Qui irait s’installer à Val-Jalbert, (village fantôme) à l’année ?

Val-Jalbert est très vivante dans nos livres d’histoire, la crise de 1929, etc. Nous sommes, en 2018, à un clic de tout savoir sur ce village du temps de nos arrières-grands-parents.

On en a fait un village propre, d’avant-garde pour l’époque (un bain dans chaque maison, c’est tout dire).

Les touristes qui s’ennuient sont contents de s’y promener. Il y en a beaucoup, semble-t-il.

Ces réflexions me viennent du questionnement que nos élus se font sur l’avenir des centres-villes. Les centres-villes, pour moi, sont déjà des Val-Jalbert. La vie n’est plus là. Casser à l’occasion la croûte, prendre un verre, se dandiner une dizaine de jours par année (sans fumer !) avec des centaines d’inconnus n’est pas suffisants pour maintenir la respiration artificielle d’un centre-ville.

Il n’y a même pas une épicerie dans ce que certains appellent encore le « centre-ville ».

Depuis 40 ans, minimum ! La vie des villes est ailleurs. La ville n’est pas morte. Son « lifting » l’a amenée ailleurs.

Le centre-ville est en 2018, et depuis longtemps, sur le boulevard Talbot.

J’ai compté 7 épiceries à grande surface, deux grands complexes hôteliers, si ce n’est pas plus, des restos accueillants avec des stationnements à proximité, des boutiques, des quincailleries, des garages, des vendeurs de voitures, des cliniques médicales, pour les pieds, les yeux, et j’en passe, des pharmacies, des vendeurs de meubles, etc.

Le boulevard Talbot est le centre-ville. Demandez aux Jeannois où ils se dirigent quand ils arrivent à Chicoutimi.

Je ne veux pas que mon haut compte de taxes serve à la respiration artificielle du « prétendu » centre-ville. Je n’ai pas à vous dire ce que je pense du projet d’une patinoire-salle de spectacle sur le boulevard du Saguenay. Je me dis que des personnes en ont pris de la forte quand cette idée-là leur est venue.

J’arrête ici. Je reviendrai plus tard sur le « patrimoine » à conserver.

Pauline Germain

Chicoutimi

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PROJET DE LOI 141

OPINION / Messieurs Alexandre Cloutier, Philippe Couillard, Sylvain Gaudreault et Serge Simard, Madame Mireille Jean

La Commission des finances publiques étudie actuellement un projet de loi qui ouvre d’inquiétantes brèches dans la protection du public en matière d’achats d’assurance : le projet de loi 141. Les associations de défense des consommateurs ont unanimement demandé le retrait de ce volumineux « mammouth législatif ». Aujourd’hui, je vous enjoins également d’intervenir sur les éléments de ce projet de loi affectant la protection de la population.

On sait depuis plusieurs années que les Québécois peinent à se retrouver parmi les nombreux produits d’assurance. Trois consommateurs sur quatre jugent ce secteur complexe. Saguenéens et Jeannois ne font pas exception ! Un nouveau sondage nous apprend que 44 % des résidants de la région ignorent l’ensemble des exclusions de leurs contrats d’assurance. Plus préoccupant encore, à peine 17 % d’entre eux savent que les refoulements d’égout n’entrent pas dans la couverture de base des polices d’assurance habitation. Alors qu’une majorité de réclamations concernent les dégâts d’eau, de nombreux consommateurs aux prises avec des égouts qui débordent pourraient donc avoir de mauvaises surprises. Mêmes constats inquiétants du côté de l’assurance-vie : 66 % des résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne savent pas que les maux de tête récurrents peuvent affecter leur couverture.

Renseigner adéquatement les consommateurs sur ce genre d’éléments techniques, c’est précisément le rôle des représentants certifiés, formés, encadrés et imputables. Or, le projet de loi 141 ouvre la voie à l’achat d’assurances en ligne, sans l’intervention obligatoire d’un tel professionnel ayant l’obligation de bien conseiller son client et sans les garde-fous adéquats. Qui plus est, le projet de loi permettra la prestation de conseils en assurance par des personnes non certifiées, privilégiant de facto les « conseils » pour favoriser la vente.

On voudrait nous faire croire que se procurer de l’assurance est banal. Or, la moindre erreur peut avoir des conséquences financières très importantes. Il faut également mentionner que 76 % des résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne lisent pas leurs contrats d’assurance ou le font seulement en partie. Croire qu’ils en maîtrisent toutes les spécificités est illusoire. Par ailleurs, une majorité de Saguenéens et Jeannois (84 %) préfère obtenir des conseils de la part d’un professionnel certifié plutôt que d’un robot utilisant l’intelligence artificielle (0 %) ou d’un agent de télémarketing (2 %). Qu’adviendra-t-il de la reconnaissance des 1289 professionnels certifiés du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont la place effective sera réduite, alors qu’un nombre plus important de vendeurs non certifiés pourraient offrir leurs services sans différenciation pour le consommateur ?

Députés du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les dispositions du projet de loi 141 vont à l’encontre des volontés de vos électeurs. N’abdiquez pas vos responsabilités, écoutez les appels répétés des associations de consommateurs, de professionnels indépendants et d’ex-parlementaires de différents partis au fait des questions d’encadrement du secteur financier.

Et vous, citoyens de la région, faites-vous entendre auprès de votre député. Écrivez-lui ou appelez-le, afin de lui rappeler que la protection du public doit primer sur l’adoption précipitée d’un projet de loi aussi important. Faites vite, après le 15 juin, il sera trop tard !

Alain Paquet, professeur titulaire

Sciences économiques, ESG-UQAM

Ancien ministre délégué aux Finances