Qui dit vrai, M. Pettersen ?

OPINION / Le comité des citoyens pour l’amélioration du transport en commun au Saguenay tient à faire la mise au point suivante. Notre porte-parole, Gilbert Talbot, avait invoqué une baisse de l’achalandage dans les autobus de la STS lors de la dernière réunion du conseil de la STS, ce qui avait été repris dans les médias. Or, M. Pettersen lui a rétorqué que c’était faux, qu’il n’y a pas de baisse d’achalandage, qu’au contraire il y aurait une hausse, surtout depuis le début de l’automne.

 Or, dans le rapport annuel 2017 de la STS, un graphique statistique montre clairement que depuis 2007, la clientèle de la STS a baissé tragiquement, passant de 4 946 000 passagers en 2007 à 3 805 544 en 2017, soit une diminution de plus de 20 %. Cependant, la prétention de M. Petersen est que depuis l’automne 2018, l’achalandage aurait augmenté avec le retour des étudiants de l’UQAC, sans nous fournir pour autant de statistiques sur lesquelles il baserait sa prétention. Ce qu’on sait toutefois, c’est que les étudiants n’utilisent pas une carte à puce comme les autres usagers, mais une vignette qu’ils montrent au chauffeur. Donc, impossible de savoir combien d’étudiants utilisent effectivement l’autobus. Et on ne peut pas affirmer non plus que tous les possédants de ces vignettes utilisent effectivement l’autobus. On pourrait cependant savoir le nombre réel d’utilisateurs en les comptant, car il y a un compteur sur chaque autobus, mais ça, on ne nous le dit pas. Alors qui dit vrai, M. Pettersen ?

On pourrait peut-être avoir des informations plus précises par la représentante des usagers au conseil d’administration, Mme Lina Tremblay. Or, quand on l’a interrogée, Mme Tremblay a répondu que la direction lui a interdit de nous parler ! Imaginez ! Une représentante des usagers qui ne peut pas parler à des usagers ! Incroyable ! Elle nous a même dit qu’elle ne pouvait pas parler en cours de séance, mais qu’elle devait attendre à la fin de la réunion pour dire quelque chose. Est-ce bien démocratique d’empêcher ainsi des citoyens d’avoir accès à leur représentante et à l’information pertinente ?

Gilbert Talbot, porte-parole

Comité des citoyens pour l’amélioration du transport en commun au Saguenay

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L'ACCÈS AU SPÉCIALISTE

Depuis les derniers jours, il se dit et s’écrit beaucoup de choses sur les Centres de répartition des demandes de services (CRDS). Rétablissons les faits et replaçons le patient au cœur des préoccupations.

Les CRDS ont permis de réaliser pas moins de 600 000 consultations depuis leur mise en place en octobre 2016. C’est 25 000 consultations par mois auprès des médecins de 9 des 27 spécialités médicales actuellement disponibles dans le cadre de la première phase de déploiement des centres.

Le meilleur exemple est la pédiatrie : les parents n’ont plus à téléphoner dans plusieurs cliniques pour trouver un médecin ; seulement entre les mois d’août et septembre dernier, 1500 consultations ont été réalisées en pédiatrie, respectant dans 85 % des cas les délais fixés selon l’état du jeune patient. Cela aurait été impossible sans les CRDS.

Il faut se rappeler qu’auparavant, il n’existait aucun mécanisme pour diriger les patients vers les spécialistes, certains étaient inscrits sur plusieurs listes et des demandes s’empilaient. Les CRDS permettent ainsi de revoir les effectifs médicaux, de mettre en place des ententes de services entre les régions, ainsi que des corridors de services d’équipes multidisciplinaires. À l’heure où les hôpitaux se parlent encore par fax, nous considérons que c’est une grande avancée au profit des patients. Il ne faut pas revenir en arrière.

Bien sûr, des patients continuent encore d’attendre trop longtemps un rendez-vous avec un spécialiste et cela est tout à fait inacceptable. Mais il n’est pas question pour nous de continuer à devoir jouer d’influence pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Plusieurs réclament le maintien de cette méthode. Pas nous. Nous voulons plus d’équité pour les patients. Pas d’accès privilégié.

Au terme de toutes les réformes qu’a connues le réseau de la santé au cours des dernières années, ce dont il est ultimement question ici, c’est la capacité du réseau de la santé de procurer aux patients un rendez-vous avec un médecin spécialiste. Les Québécois s’attendent à ce qu’omnipraticiens et spécialistes travaillent ensemble.

Il faut donc que les demandes de consultation soient véritablement pertinentes, qu’elles soient bien priorisées et que les patients respectent leurs rendez-vous, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Les CRDS desservent tout le territoire du Québec. Ils sont essentiels, mais leur fonctionnement est perfectible. Tous doivent donc travailler ensemble pour assurer le plus de plages de consultation possible. C’est notre responsabilité envers les patients.

Diane Francœur, présidente

Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)