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Carrefour des lecteurs
Le Quotidien
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Qu’arrivera-t-il, le jour d’après?

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OPINION / Imaginons le moment où sera déclarée la fin de la pandémie partout dans le monde. Tout reviendrait-il comme avant d’un coup ? Pensons au lendemain de la Première ou de la Deuxième Guerre mondiale, ou de n’importe quelle autre. On aime les lendemains qui chantent. Mais dans ce cas-ci...

Vivre ensemble, ce sera quoi, au-delà des bulles qui ont su traverser la tempête, ou des familles brisées en défrayant, hélas, la chronique des faits divers ? Qu’est-ce que ce sera de vivre, tous ensemble, dans un nouveau monde ?

Au-delà des clans

À quoi ressemblera le jour d’après ? À un café pris avec plusieurs amis venus d’endroits différents ? Aux regards francs, sans détourner les yeux ? Aux pensées positives ? Aux gestes affranchis de la distanciation ? Aux câlins en public, sans crainte de jugements ? Nous voyons là tellement de positif. Sommes-nous à côté de la plaque ?

Durant cette pandémie, nous aurons vu émerger des souffrances, des questionnements et des opportunités : de ralentir, de se recentrer, d’apprivoiser le numérique.

Ce qui semble poindre, au-delà des névroses et des exclusions mutuelles, c’est que nous devrons vivre ensemble dans une société qui connaîtra encore de multiples crises. Un regard sur les conséquences subies après les grandes tragédies du dernier siècle nous montrerait que rien n’est simple et qu’il y a toujours des laissés pour compte.

Et c’est sans compter sur ces conflits sanglants qui se déroulent encore sous nos yeux : Israéliens et Palestiniens, Birmans et Rohingyas, Chinois et Ouïghours, Russie et opposants, régimes autoritaires et peuples affamés, etc. Et encore là-bas des terroristes ou plus près d’ici des drogués surdosés quand ce ne sont pas des hommes déshumanisés.

Qu’ils soient vaccinés ou non, ils continuent. Que la situation pandémique soit réglée ou non dans le monde, ils continuent. Sans parler des réalités sanitaires qui auront créé de nouvelles fragilités. Ajoutons simplement les diverses situations quotidiennes habituellement sans complication.

Ce qui nous fait humains

Chose certaine, les 18 mois passés nous ont appris à tous et à toutes sur cette planète que nous sommes dans le même bateau.

Mais nous, ici, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans nos routines retrouvées, dans le confort de nos vies modernes, saurons-nous aller au-delà des barrières ? Les réseaux sociaux ont amplifié des animosités, des possibilités de se lâcher loose, d’étaler ses « recherches » et ses revendications. Ne dit-on pas que l’entaille dans le bois ne peut être défaite ?

Que reste-t-il à faire ensuite ? Ne pas nous enfermer dans nos certitudes, mais nous instruire encore. C’est la même rengaine : écouter l’autre, chercher ensemble des solutions. Savoir que ce n’est pas tout noir ou tout blanc.

Les nuances de l’arc-en-ciel – du « ça va bien aller », ou encore des notations sanitaires régionales – vont-elles se retrouver dans les nuances relationnelles ? Lorsqu’on entre en relation, avec soi ou avec les autres, n’est-ce pas le corps, le cœur et la tête qui sont en cause ? Nous existons en globalité et par fragments : nous existons dans nos têtes, dans nos cœurs, dans nos corps. Nous existons dans nos relations. Et ainsi nous coexistons ensemble les uns avec les autres. Comme tout le monde, nous pensons, regardons, entendons, sentons, ressentons, buvons, mangeons, goûtons dans ce qui fait de nous des humains, dans nos corps, nos cœurs et nos têtes. Exister, entre humains, c’est ressentir cet élan vers l’autre, nous reconnaître semblables et faire coexister une multitude de réalités qui nous enrichissent.

Ne laissons pas au hasard ou aux renards la suite des choses. Préparons-nous à de beaux lendemains.

Par Jocelyn Girard, pour le collectif Coexister au Saguenay-Lac-Saint-Jean