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Quand Lévesque vivait d’amour

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Raymond Lévesque nous a quittés le 15 février. J’aimerais lui rendre un petit hommage ici en évoquant un souvenir précieux et bien gravé dans ma mémoire.

En 1995, dans le cadre d’un spectacle qu’il présentait lors de l’événement Rêves d’Automne de Baie-Saint-Paul, j’ai eu le privilège de présenter Raymond Lévesque aux spectateurs à titre d’animateur de cette soirée. Ce grand de notre chanson avait alors 67 ans et il était là, derrière la scène, avec sa légendaire humilité. J’ai alors eu ces mots qui m’étaient venus l’après-midi même en le voyant répéter avec une musicienne qui l’accompagnait au piano, lui qui chantait malgré une surdité devenue de plus en plus présente dans sa vie.

« L’homme que nous allons voir et entendre ce soir et qui montera sur scène est un géant. Un géant tranquille. Un auteur-compositeur qui a touché l’universel en sachant toucher notre cœur. Un homme qui apprivoise de plus en plus le silence, mais dont jaillissent encore les mots et la musique, telle une fontaine de joie. C’est un humaniste, dont les mots marqueront à jamais notre monde. On se souviendra de Raymond Lévesque, même si les hommes voudront vivre encore de haines et de guerres. Sachons qu’il se trouvera toujours quelqu’un quelque part sur la Terre pour nous chanter Quand les hommes vivront d’amour. »

Il va de soi qu’on évoquera comme principal legs de Raymond Lévesque sa célèbre chanson Quand les hommes vivront d’amour, qui demeurera inscrite à tout jamais dans la mémoire collective de l’humanité tout entière. Elle demeure aussi son coup de génie et son oeuvre la plus marquante. Cette chanson est donc devenue un hymne de paix et d’amour universel.

Celui que j’ai toujours nommé affectueusement notre Géant tranquille nous lègue également son grand amour du Québec. Il aura rêvé lui aussi du pays en devenir. Raymond Lévesque était un grand patriote tout en étant un tendre poète et un fervent pacifiste. La surdité qui l’aura affligé de façon significative, au milieu des années 80, n’aura pas réussi à freiner sa vigueur créatrice. On oublie trop souvent que Raymond Lévesque fut aussi, entre autres, dramaturge, romancier, scénariste et comédien. À 92 ans, il avait encore plein de projets et il écrivait toujours. Le Québec vient de perdre un grand artiste, mais aussi un grand humaniste.

En évoquant ce grand auteur-compositeur du Québec, je pense ici à ce spectacle auquel avaient participé Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Robert Charlebois, le 13 août 1974, lors de la Superfrancofête de Québec. Ledit spectacle nommé J’ai vu le loup, le renard, le lion s’était déroulé sur les Plaines d’Abraham, devant une foule estimée à 120 000 spectateurs. Et la dernière chanson qui fut exécutée lors de ce spectacle mémorable fut Quand les hommes vivront d’amour.

Quelle belle reconnaissance et quel hommage rendu alors à Raymond Lévesque. Voilà que Félix, Vigneault et Charlebois chantant en choeur cette grande chanson universelle de fraternité, de paix et d’amour, offraient un des plus grands moments de la chanson québécoise.

Monsieur Lévesque, merci d’avoir mis au monde cette grande chanson qui restera à jamais inscrite dans la mémoire collective de notre monde.

Yvan Giguère, Saguenay