Promotion Saguenay: un lourd fardeau

OPINION / Le conseil d’administration de Promotion Saguenay (PS) a accepté, à sa demande, de nommer Mme Josée Néron au poste de présidente, une décision qui permettra vraisemblablement à PS de conserver son mandat d’organisme mandataire du développement économique à Saguenay.

Mme Néron apporte son expérience, son réseau de contacts et son prestige à une organisation et un CA qui avaient perdu leur crédibilité dans l’opinion publique, principalement à la suite de la décision de ses membres de renouveler le contrat de Ghislain Harvey et de nommer un président et une directrice générale quelques jours avant la tenue des élections.

Comme présidente, Mme Néron pourra défendre les intérêts de PS auprès de la population et du conseil de ville et obtenir le renouvellement, total ou partiel, de son financement pour les prochaines années. À titre de mairesse qui propose une subvention à un organisme dont elle est la présidente, elle sera cependant dans une position qui s’apparente à un conflit d’intérêts. La présidente devra également rendre des comptes à un conseil de ville qu’elle dirige. Elle sera également au centre des conflits et des visions différentes des deux organisations. Comment concilier dans un avenir prévisible le conflit de la dualité des rôles qui mène à une collision inévitable ? Josée Néron sera appuyée par deux conseillers d’expérience qui seront au conseil d’administration avec elle : Michel Potvin et Jean-Marc Crevier. 

Sous sa présidence, PS pourra s’adapter plus facilement à son nouvel environnement politique en faisant une saine gestion de ses dépenses, étant plus ouverte à la diffusion d’informations et en rendant plus facilement des comptes au conseil de ville. Pour répondre aux pressions du conseil municipal dans le contexte actuel, Josée Néron réussira à imposer certaines décisions du conseil de ville au CA. Il lui faudra cependant déterminer le degré de contrôle que la municipalité veut exercer et l’espace d’autonomie de PS. Elle hérite du dossier du règlement du départ de Ghislain Harvey pour lequel le conseil d’administration avait signé une entente au coût de 425 000 $, entente qui rencontre des objections au conseil de ville pour le moment. La décision du conseil de ville de suspendre temporairement la directrice générale de ses fonctions rencontre également des résistances au sein du CA.

D’autres changements seront plus difficiles. Dans quelle mesure la nouvelle présidente pourra-t-elle modifier les statuts et l’organisation des pouvoirs à PS ? Dans quelle mesure pourra-t-elle changer la composition et le mode de nomination des membres du CA ? Dans quelle mesure pourra-t-elle redéfinir le champ d’activités et les responsabilités de PS ? Dans quelle mesure pourra-t-elle introduire les changements nécessaires dans la stratégie de développement économique définie et mise en œuvre par PS ? Dans quelle mesure pourra-t-elle introduire des mécanismes de reddition de comptes crédibles ? Dans quelle mesure pourra-t-elle introduire des règles de déontologie appropriées ? Dans quelle mesure pourra-t-elle définir de nouveaux rapports entre les pouvoirs du conseil de ville et les pouvoirs du CA de PS de sorte que, à son départ de la présidence, le conseil de ville puisse continuer d’exercer son pouvoir sur PS dans le respect de son autonomie et sa capacité d’innovation ?

Un fait demeure, PS se comporte actuellement comme un organisme privé, dont les membres du CA se nomment entre eux à partir d’une évaluation dont les critères sont mal définis. C’est le conseil d’administration qui vote ses statuts et règlements, nomme le président ou la présidente de même que le directeur ou la directrice générale. Le conseil d’administration est responsable des grandes orientations stratégiques de développement économique de Saguenay et la direction générale est responsable de leur mise en œuvre. 

Faire le grand ménage à PS est un défi difficile qui exige des changements importants dans la gouvernance de l’organisation. Une collaboration volontaire ou forcée du conseil d’administration sera nécessaire. Espérons qu’un nouvel équilibre dynamique pourra être trouvé rapidement entre le conseil de ville et PS. 

Gilles Bergeron

Saguenay

M. Tremblay, que valait votre prière ?

OPINION / Quel « slogan », M. Tremblay ! Quelle déception, quelle tristesse de constater que ce slogan n’était que foutaise dans votre tête d’administrateur. L’était-il tout autant dans votre cœur de maire ? Si oui, vous nous avez bernés durant 20 ans. Vous m’avez triché votre vraie identité. En tout cas, votre personnage d’homme public en prend tout une dans mon « personnage-marionnette » de citoyen ! Je suis AMÈREMENT déçu d’avoir cru en vous durant tout ce temps. Je le suis davantage de vous avoir vanté, de vous avoir défendu devant quelques adversaires que j’ai pu croiser au cours de vos 20 années de règne ! Que valait la prière que vous défendiez avec tant d’acharnement ? Que valait-elle sinon apparat devant l’humble citoyen que je suis et mensonge devant Dieu ! Ne dit-il pas : « À chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ses petits, c’est à Moi que vous l’avez fait. » Il est vrai qu’il nous restera quelques bonnes réalisations de votre administration, sinon, mon amertume durerait jusqu’à la fin de mes jours !

Roger Poirier

Jonquière