Projet pour assurer la protection des enfants

OPINION / Le 23 juin 2011, un drame horrible où un tout petit garçon de 4 ans est mort après avoir été martyrisé par une marâtre avait fait les manchettes des journaux. Rappelons-nous de Stéphanie Meunier, reconnue coupable du meurtre de l’enfant. Pourtant, l’entourage affirmait avoir eu connaissance de cris de maltraitance et d’avoir alerté la DPJ à plusieurs reprises.

Après avoir pris connaissance de cette épouvantable abomination, j’ai tenté de joindre des intervenants sociaux, la DPJ, un travailleur social jadis membre de la DPJ et les autorités de ma ville pour leur suggérer de mettre sur pied des comités de citoyens dans chaque quartier de ma ville pour vérifier périodiquement si chaque enfant habitant leur quartier était traité convenablement. Je suggérais d’abord un projet-pilote dans mon petit quartier pour roder le projet, puis en faire la promotion sur un plus grand territoire.

L’idée était de faire un recensement des enfants, leur nom, leur adresse et de distribuer une partie de cette liste à chacun des membres du comité en question afin qu’il puisse avoir un œil bienveillant, attentif et surtout régulier sur l’état des enfants qu’il aurait, pour ainsi dire, parrainés. Et pour rendre les actions de ce comité efficace, l’objectif serait de lui donner le pouvoir non seulement d’alerter les autorités en cas de maltraitance d’un enfant, mais surtout, de pouvoir intervenir immédiatement et prendre en charge temporairement l’enfant en danger, afin de le mettre hors de la portée des agresseurs. Naturellement, le tout se ferait confidentiellement et bénévolement (pour ne pas enlever de budget à l’organisme officiellement responsable),

Ce projet, n’étant pas issu du cerveau d’un employé de la DPJ, a été reçu comme une idée ridicule et balayé du revers de la main par les gens contactés.

Pourtant, ce projet avait comme première mission de placer le sort et la vie des enfants tout au sommet de nos valeurs humaines. Le sort des enfants est la responsabilité de chaque citoyen, et chaque citoyen devrait avoir le devoir et les moyens d’assurer la sécurité des petits qui vivent dans leur entourage.

L’histoire de la petite fille de Granby qui est morte en ce début de mai 2019 est d’autant plus abominable que plusieurs citoyens étaient au courant de la situation : l’employé du dépanneur, qui a reçu la demande d’aide de la petite, et ce citoyen qui affirme avoir vu la petite fouiller dans les poubelles la nuit pour trouver de la nourriture. Ces adultes-là auraient dû prendre immédiatement en charge la petite fille pour la protéger, la nourrir, la réchauffer et la consoler, mais non, ce n’est pas ce qui est arrivé.

Il nous faut absolument reconnaître individuellement notre devoir et notre responsabilité quant au sort des enfants. Il est impératif que la DPJ accepte de partager le mandat d’assurer le bien-être des enfants avec chaque citoyen. Les signalements à la DPJ ne sont pas suffisamment efficaces ; j’en sais personnellement quelque chose pour y avoir déjà « goûté ».

La vie est quand même belle, diront les « positifs » purs et durs ? Non, la vie n’est belle qu’en apparence, et ne sera réellement belle que lorsqu’aucun enfant ne subira d’atrocités. 

Ginette Boily

Chicoutimi