Projet de GNL Québec

OPINION / Admettons que l’on tourne le dos au projet de GNL Québec, comme le suggérait Sylvain Gaudreault la semaine dernière, qui gagnerait ?

Voyons voir...

Les contribuables du Saguenay, du Québec et du Canada ? Non. Ils vont perdre des millions de dollars chaque année. Déjà qu’à Saguenay, on manque de fonds juste pour couvrir les services essentiels...

Les PME et les entrepreneurs de la région ? Non. Ils vont perdre des contrats importants et des occasions en or de se démarquer dans une nouvelle industrie. Sans compter la mauvaise image envoyée par la région à l’extérieur, du style : « Nous, des projets, des investissements de 10 milliards, pas besoin ! Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on est au-dessus de ça... »

Les commerçants de la région ? Non. Ils n’ont rien à gagner à être dans une région à l’économie en décroissance et à perdre l’équivalent de milliers d’emplois bien payés pendant le chantier et après.

L’industrie touristique ? Non. Une région dévitalisée n’est pas attirante, et une large part des visiteurs de nos attraits sont des gens de la région, ayant le moyen de dépenser localement. Demandez aux gens de Val-Jalbert, aux gestionnaires de terrains de camping et aux gens du Zoo de Saint-Félicien et de celui de Falardeau.

Notre université et nos cégeps ? Non. Ils ont tout à gagner d’une région économiquement diversifiée, sur le plan de la recherche et de l’enseignement, entre autres, et aussi en terme de renouvellement des clientèles étudiantes.

Hydro-Québec ? Non. Vendre de l’énergie assure de bons revenus à long terme, tout en créant des emplois et en donnant de la valeur ajoutée à notre énergie propre.

Les environnementalistes ? Sûrement, eux, ils sont gagnants ? Eh bien non ! Eux aussi seraient perdants. Attention, je ne parle pas ici de ceux qui militent pour le plaisir de s’opposer, en changeant d’arguments au gré du vent, comme ils changent de chemise le matin. Je parle de ceux qui ont l’environnement réellement à coeur. Ceux-ci seraient perdants, aussi. Parce que remplacer le charbon et le pétrole par du gaz naturel, c’est la première étape pour diminuer concrètement les gaz à effet de serre dans le monde. Ce n’est pas parfait, mais c’est concret. C’est mieux que de parler sans jamais rien proposer d’autre que des phrases creuses. Perdants aussi parce que remplacer du charbon, c’est diminuer la pollution de l’air.

En Asie, les gens se promènent avec des masques à poussière sur leur visage, et ils ne passent pas l’Halloween... Ils seraient perdants parce que si le projet ne se fait pas, ailleurs sur notre planète, des promoteurs bien moins soucieux de l’environnement vont faire un projet beaucoup plus polluant et profiter des retombées, en remerciant tous ces gens à courte vue qui ont choisi de se punir collectivement au lieu de faire preuve de vision.

Alors, qui serait gagnant ?

Probablement des Russes ou des promoteurs du Moyen-Orient ! Et ce seront bien les seuls.

Francine Tremblay

Saguenay

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ATTAQUE INJUSTIFIÉE CONTRE SYLVAIN GAUDREAULT

OPINION / Je veux réagir au commentaire « La mémoire courte » paru dans le Courrier des lecteurs du Quotidien du 24 mai, relativement à la prise de position du député Sylvain Gaudreault contre le projet Énergie Saguenay de GNL Québec. L’auteur de ce coup de gueule fait un rapprochement tordu avec la cimenterie McInnis de Port-Daniel, en Gaspésie. Il importe de situer les faits dans leur contexte.

Ex-ministre des Transports dans le cabinet péquiste de Pauline Marois, M. Gaudreault a appuyé l’adoption du projet, en 2014, mais en plaidant en faveur d’un abandon du coke comme combustible de la cimenterie au profit d’une forme d’énergie renouvelable. Une fois au pouvoir, les libéraux ont choisi d’aller de l’avant avec la construction de cette cimenterie dans le même but : créer des emplois dans une région défavorisée. Le premier ministre Philippe Couillard en a même longtemps défendu les mérites, malgré un important dépassement des coûts.

François Legault, de la CAQ, s’était quant à lui insurgé contre le faible rendement économique du projet, mais n’y voyait pas de menace écologique. Seul le parti Québec solidaire a insisté sur cet aspect à l’époque.

On peut difficilement reprocher à Sylvain Gaudreault de ne pas s’être opposé publiquement à un projet dont aucun élu, à part l’intrépide Amir Khadir, ne voulait dénoncer haut et fort les impacts environnementaux.

Les mentalités ont beaucoup évolué depuis, mais pas à une vitesse égale chez tout le monde. En témoigne ce récent « Feu jaune » attribué par Le Quotidien au député Gaudreault sous prétexte qu’il privilégie ses valeurs personnelles au détriment du développement économique de la région !

Clément Fontaine

La Baie