Présumé innocent

OPINIONS / Impossible de fermer les yeux à la suite des événements survenus à l’école Saint-Pierre d’Alma, au début de février [lorsqu’une fillette a été blessée par un couteau].

Je ne peux m’abstenir de faire la leçon à tous ces gens qui portent des jugements trop hâtifs à l’égard du petit garçon.

Avant de commencer, sachez que comme plusieurs d’entre vous, je ne connais ni les enfants ni les parents qui sont visés dans cette histoire. 

Ce qui me pousse à agir aujourd’hui, c’est la manière dont les gens portent des jugements à l’intention de l’enfant et l’effet d’entraînement que cela peut produire.

Certes, je n’approuve pas la manière de régler les problèmes par la violence, et surtout pas avec une arme, quelle qu’elle soit.

À se demander plutôt : « Quelle raison peut amener un enfant de 9 ans à agir de la sorte ? »

Était-il victime d’un comportement abusif à son égard ? Se sentait-il menacé ? A-t-il saisi un couteau, comme ça, ce matin-là, pour assurer sa défense ?

Revenons à David Fortin, disparu il y a dix ans. Revenons au matin de sa disparition ! Si lui aussi avait saisi un couteau... Serait-il parmi nous aujourd’hui ? Et si le couteau avait été pointé sur son agresseur ! Comment l’aurait-on perçu ?

Certainement pas comme une victime, mais plutôt comme l’agresseur. Avouez que plusieurs d’entre vous l’auraient crucifié.

Imaginez un instant son retour à l’école ! Imaginez tous ces gens le pointant du doigt, tous prêts à lui prédire un avenir très peu prometteur !

En tant que parent, je ne peux que riposter. Comment croyez-vous que les parents du jeune se sentent présentement ? Imaginez leur désarroi, leur impuissance, leur tristesse... Et si c’était le vôtre ?

Par le passé, mon garçon a été victime de harcèlement. À un point tel qu’on a dû remettre une photo aux enseignants de l’école qu’il fréquentait, afin d’assurer sa défense. On l’a même menacé de le rendre handicapé pour le restant de ses jours.

À l’époque, mon petit gars avait un petit coffre de pêche et dans son petit coffre, il y avait un petit canif. Qu’est-ce qui me dit qu’un bon matin, il n’aurait pas décidé de l’apporter à l’école pour assurer lui-même sa protection ? Voyant ainsi que tous nos efforts étaient vains et que les beaux jours qu’on lui promettait n’arriveraient jamais. Imaginez : « ne compter que sur soi-même. »

Je ne dis pas que c’est ce qui s’est passé. Je veux juste vous dire qu’on ne connaît pas l’histoire du petit gars. Il est peut-être bien plus à plaindre que celle qui a reçu le coup de couteau.

Et si j’avais visé juste ! Imaginez la détresse du petit gars. La victime dans le rôle du vilain petit canard… Comment sera son retour à l’école ? 

Commençons par donner l’exemple, si on veut d’un monde meilleur. Cet enfant a certainement besoin d’une aide psychologique, et peut-être encore plus que les gens de son école. 

Il serait regrettable que les qu’en-dira-t-on mènent un jeune de 9 ans à l’irréparable. 

Et de grâce, ne vous en prenez pas à la fillette, car ce dont je viens de discuter n’est qu’une hypothèse, et non les faits. 

Mon seul but est de vous faire réfléchir. Et si la fillette était victime de son agresseur parce qu’elle avait osé dénoncer son agresseur ? 

Andrée, mère d’une victime

+

TRADITIONS À LA VÉGÉ

Dans ma famille, Noël est une fête magnifique et remplie de traditions. Le beau grand sapin avec un oncle déguisé en père Noël, les cousins au piano ou à la guitare pour une petite musique d’ambiance, et surtout, le bon repas traditionnel suivi d’une onctueuse bûche de Noël. 

À la suite de la sortie du nouveau Guide alimentaire canadien, ce que j’ai entendu ressortir dans ma région était que les gens craignaient qu’une alimentation végétalienne aille à l’encontre de leurs traditions. Pour ceux qui ne savent pas, une alimentation végétalienne est une alimentation sans viande, sans produits sous-animaliers, comme le lait et les œufs, et une alimentation basée sur des produits végétaux. 

C’est aussi une façon de réduire une énorme quantité de notre production de gaz à effet de serre, et ainsi de réduire notre contribution à l’exploitation animale et au réchauffement climatique, qui est aujourd’hui le problème de tous. 

Je vous apporte alors deux magnifiques exemples que j’ai trouvés, qui montrent que l’alimentation végétalienne peut très bien faire respecter nos traditions ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Tout d’abord, dans le livre Végane mais pas plate, de Jessie Nadeau et Pierre-Hugo Carron, on peut retrouver une recette de soupe aux gourganes ainsi qu’une poutine digne de notre région. Pour se réchauffer un peu durant nos grands froids, la soupe aux gourganes est une option fantastique, et la poutine végane peut rendre un vendredi soir cent fois meilleur avec son bon fromage fait à partir de noix de cajou. 

Oui oui, on appelle ça du « faux-mage ». De plus, la belle Marilou, avec l’aide d’Alexandre Champagne, nous a concocté une recette de tourtière végétalienne dans l’un de ses livres, Trois fois par jour. Ayant essayé cette recette de tourtière à l’avoine moi-même, je peux vous affirmer qu’elle est délicieuse et réconfortante. Parfaite pour un souper de famille ! 

Je vous invite à essayer ces recettes et de ne plus avoir peur pour vos traditions, peu importe votre alimentation ! 

Sophie Morin-de Moor, étudiante

Collège d’Alma