Préoccupations à l’égard de l’eau

OPINION / Après avoir bien pris connaissance et analysé les différents éléments intrinsèques à GNL Québec et Gazoduq, l’Organisme de bassin versant du Saguenay (OBV Saguenay) est préoccupé par les impacts potentiels du projet sur les enjeux de l’eau.

Le projet consisterait à l’importation de gaz naturel non conventionnel de l’Ouest canadien via un gazoduc, dont 780 km sont à construire, et qui traverserait le Québec de l’Abitibi jusqu’au Saguenay. Une usine de liquéfaction et un terminal maritime sur le bord de la rivière Saguenay, également à construire, transformeraient le gaz naturel en gaz naturel liquéfié (GNL) pour l’acheminer par voie maritime sur les marchés mondiaux.

Plusieurs activités nécessaires à la réalisation du projet seraient dommageables pour l’eau, les écosystèmes aquatiques, humides et riverains, ainsi que pour leurs usages au bénéfice de la société.

L’OBV Saguenay considère problématique que le gaz naturel qui serait liquéfié proviendrait à 85 % de fracturation hydraulique. Cette méthode de production du gaz naturel est non conventionnelle et est dommageable pour les ressources en eau. La contamination des eaux souterraines sur les sites d’extraction à la suite de fracturations hydrauliques est grandement documentée. La fracturation hydraulique est d’ailleurs interdite au Québec, dans la vallée du Saint-Laurent, pour assurer la protection de l’eau et des milieux environnants.

De plus, la construction d’un nouveau gazoduc occasionnerait des dommages à des milliers de milieux humides, hydriques et riverains, réduisant leur capacité à rendre leurs services écologiques à la société. Également, la construction de l’usine de liquéfaction et du terminal maritime entraînerait la destruction de 8,65 hectares de milieux humides, l’empiétement de rive de l’ordre de 1,36 hectare et l’empiétement sur l’habitat aquatique d’eau douce d’une section de 680 m d’un cours d’eau.

Le projet de GNL prévoit augmenter le trafic maritime sur la rivière Saguenay de façon significative, soit l’équivalent à lui seul de presque un passage de grand navire par jour (320 passages/année). Face à cette éventualité, l’OBV Saguenay s’inquiète des impacts de la navigation sur les mammifères marins de la rivière Saguenay, car il est reconnu scientifiquement que le trafic maritime peut affecter les écosystèmes aquatiques et leurs ressources biologiques par plusieurs effets, notamment par l’augmentation des risques de contamination chimique, de déversement de produits dangereux, de collision et de modification sonore subaquatique. L’OBV Saguenay rappelle que cinq espèces de mammifères marins présents dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent ont reçu des statuts de protection, tant du Canada que du Québec, dont le béluga qui a le statut d’espèce en voie de disparition et qui fait l’objet d’un plan de rétablissement.

L’OBV Saguenay, de même que plusieurs organismes et citoyens participeront aux consultations publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), dont la première partie aura lieu à partir du 16 mars 2020.

Marco Bondu,

Directeur général

OBV Saguenay

RASER DES TÊTES

Au risque de me faire reprocher d’utiliser encore une fois mon vécu afin de me prononcer sur certains sujets à l’aide des lettres d’opinion, j’ose le faire aujourd’hui sachant que je peux choquer certaines personnes qui organisent ce que l’on appelle des Rase-O-Thon.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que je trouve illogique, pour appuyer les personnes atteintes d’un cancer, que l’on se fasse raser les cheveux par signe de solidarité. Même si le geste peut être louable, je ne suis pas d’accord que l’on pose ce geste et je m’explique.

En 2015, mon épouse, qui souffrait d’un mal de dos très douloureux, a dû passer une radiographie à l’hôpital de Granby. Nous avons appris immédiatement qu’elle avait un cancer des reins très agressif et très avancé. Rapidement, nous avons pu voir un urologue qui a accepté de jouer de son influence pour rencontrer un grand spécialiste du CHUS de Sherbrooke le lendemain matin. Ce dernier nous a dévoilé sans détour son état. Savez-vous quelle est la première question qu’elle lui a posée ? Pas est-ce que je peux guérir ni vais-je souffrir ou encore j’ai combien de temps, mais plutôt vais-je perdre mes cheveux ?

Par la suite, je l’ai accompagnée pendant cinq mois. Puis-je vous dire que dans son cercueil, elle était aussi belle que quand je l’ai épousée et elle avait tous ses cheveux même, si moi je savais l’état de son corps ravagé par le cancer ?

Ma conclusion est qu’au lieu de se faire raser la tête, pourquoi ne pas donner le montant annuel remis à chaque visite chez votre coiffeur ou coiffeuse à des organismes qui aident ces personnes atteintes d’un cancer ou un don à la recherche ? Si, comme moi, vous avez la chance d’avoir beaucoup de cheveux, je vous suggère de les garder pour vous protéger du soleil qui peut parfois donner le cancer.

On peut emporter ce don de la nature que sont nos cheveux dans la tombe, mais pas l’argent.

Yvon Lavoie,

Granby