Prenez connaissance des faits

OPINION / En réaction à la lettre d’opinion du lecteur Richard Banford, intitulée Chantale Cyr blanche comme neige et publiée dans l’édition du 22 octobre.

M. Banford a signé une lettre dans votre journal sur l’affaire (Chantale Cyr). Même s’il a le droit à son opinion, il est tout à fait particulier qu’il utilise de faux témoignages, à leur face même, pour étayer son point de vue. Il reprend donc les mensonges des témoins qui ont été clairement démontrés comme tels, pour réitérer la position de Mme Gagné.

M. Banford, à votre âge et avec votre expérience, vous devriez savoir que répéter un mensonge plusieurs fois n’en fera jamais une vérité.

Ainsi, j’en arrive à la conclusion que votre connaissance du dossier est aussi inexistante que votre présence à la cour lors de la preuve. Par ailleurs, si vous aviez assisté aux audiences un tant soit peu, vous sauriez que les avocats de la commission scolaire ont fait traîner les procédures et ont eu des comportements peu soucieux d’efficacité et de décorum. Entre autres, un avocat a plaidé « en pied de bas » de façon régulière...

Dans ces circonstances, quand vous sortez de votre réserve, tentez de prendre connaissance de l’ensemble des faits afin de ne pas vous mettre les pieds dans les plats et de vous mettre en porte-à-faux d’une décision judiciaire.

Me Jean-Marc Fradette

Fradette et Le Bel, avocats

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RENAISSANCE DU BLOC

La soirée électorale du 21 octobre 2019 amena les Canadiens à se doter d’un gouvernement libéral minoritaire en Chambre. Les libéraux québécois se cantonnent désormais dans leur éternel bastion de l’île de Montréal, en Estrie et dans quelques circonscriptions dans le reste du Québec. Le NDP ne conserve qu’un seul siège québécois et le Parti conservateur, qui s’est vu bloqué dans ses élans en cours de campagne, peut tout de même s’estimer heureux d’avoir délogé Maxime Bernier en Beauce. Le point commun entre tous ces partis est que leurs déboires ont permis l’ascension du Bloc québécois.

Triplant son nombre de sièges à la Chambre des communes en passant de 10 à 32, le Bloc québécois renaît véritablement de ses cendres après de nombreux troubles internes au cours des dernières années ainsi que l’épisode tristement célèbre du leadership de Martine Ouellet. Il semble que tout cela relève déjà d’un passé assez lointain. Le Bloc passera de parti qui n’était plus reconnu au statut de troisième force politique au pays, après le PLC et le PCC et devant le NDP et le Parti vert.

C’est une renaissance en bloc non seulement pour le parti et sa députation, mais encore plus pour le mouvement souverainiste qui compte désormais, dans sa députation, de nouveaux jeunes qui ont la soif d’un pays, dont Simon-Pierre Savard-Tremblay en Montérégie, Kristina Michaud dans l’Est et bien d’autres, qu’ils soient députés ou militants. Il suffisait de voir l’ambiance qui régnait au théâtre Le National, où avait lieu le rassemblement du Bloc, pour constater qu’encore aujourd’hui, l’indépendance du Québec est une idée qui s’incarne à travers la jeunesse et la vivacité de ceux qui la portent. C’est une victoire qui, je l’espère, nous redonnera tous le sourire après une année 2018-2019 qui ne fut pas de tout repos à la suite des dernières élections québécoises.

Le portrait global, à l’échelle canadienne, est celui d’un pays plus que jamais politiquement divisé, chaque parti se réfugiant dans ses bastions traditionnels de l’Est et de l’Ouest. Même si la tâche que les Québécois ont incombé au Bloc n’est pas celle de faire la souveraineté du Québec, elle n’est est pas moins reliée. La défense des intérêts du Québec constitue la manière d’agir la plus pertinente pour le Bloc québécois à l’heure où le gouvernement du Québec en est un nationaliste et autonomiste. Les intérêts du Québec sont la manifestation même de la nation québécoise dans toute sa singularité.

Mais dans ce large pays nommé Canada, où tout le monde est très divisé, on peut espérer que le temps continuera de dévoiler toutes les incohérences qui caractérisent le régime fédéral. Alors, à ce moment, quand la nation québécoise sera prête, on pourra lui demander si elle veut seulement la clé ou bien également le code du système de sécurité.

En attendant, soyons fiers de nos nouveaux élus qui bloqueront en bloc ce qui ne fait pas l’affaire du Québec, et qui appuieront en bloc les mesures permettant l’épanouissement du Québec. En tant qu’électeur souverainiste de 19 ans, il n’y a pas plus grand plaisir pour moi que de constater la renaissance du Bloc québécois qui donnera de la force au mouvement indépendantiste.

Jean-Simon Gagné-Nepton

Chicoutimi