Prendre le train en marche

OPINION / Cette consultation sur l’avenir de l’ancienne zone ferroviaire chicoutimienne me rappelle le débat mené il y a une dizaine d’années et qui opposait l’administration Jean Tremblay aux jeunes musiciens du Conservatoire de musique de Saguenay.

À terme, la discussion s’est conclue sur une consultation qu’on peut qualifier de bidon alors qu’on invitait les citoyens de Saguenay à statuer sur l’avenir de la salle de spectacle en demandant essentiellement de choisir entre une dépense de 15 millions de dollars (pour une rénovation) ou une autre de 40 millions $ (pour une construction).

Bien sûr, la question était mal posée et vicieuse alors que le potentiel de l’un n’avait rien de commun avec celui de l’autre, ni le prix, gonflé dans un cas et sous-évalué dans l’autre.

Moi qui étais du nombre des défenseurs d’un nouveau projet de salle de concert acoustique, j’ai tiré leçon de cette époque et compris qu’avant de construire une salle neuve dans une municipalité, il faut d’abord l’appui de la mairie. Je sais aussi que le débat n’est pas clos puisque le besoin d’une salle de concert est toujours existant, dix ans après. Plus important à savoir : cette nouvelle salle de concert constitue une opportunité de développement réelle pour le centre-ville de Chicoutimi, le cœur de Saguenay.

Pour l’instant, l’idée qui occulte toutes les autres, un projet de construction d’amphithéâtre sportif au centre-ville, nous détourne de l’objectif principal : développer le plein potentiel socio-économique et culturel, voire touristique, de la ville. Pour y arriver, un projet artistique majeur doit être implanté ; puisque Saguenay possède la plus grande attraction culturelle hors des grands centres au Québec. Son énorme potentiel culturel se définit d’abord par la somme des activités artistiques professionnelles qui le compose. Le secteur de la création et de la production, toutes disciplines confondues, en ébullition depuis 30 ans tout comme ses événements grand public, constitue la justification principale qui devrait nous amener à servir intelligemment ce secteur-clef du développement urbain. Et, à la source du pouvoir culturel se trouve la musique.

En fixant le débat sur l’avenir du Centre Georges-Vézina, on castre le développement du centre-ville qui doit pourtant être la pierre d’assise sur laquelle il faut construire afin d’exercer un attrait réel au-delà des limites régionales. Construire un amphithéâtre à vocation sportive au cœur du centre-ville ne fait que déplacer la population locale d’un point A à un point B. Y ériger un centre culturel nouveau y drainera un public nouveau.

Bien sûr, une telle idée doit être portée concrètement et efficacement par des producteurs et diffuseurs visionnaires. Et surtout, le projet doit s’inscrire dans la mire du conseil municipal grâce à des élus mobilisés, prêts à relever le défi, voire élever le débat. Malheureusement, certains voudront à tort opposer le milieu des arts au monde du sport. Ce serait une affaire inutile alors que les deux secteurs sont essentiels à la qualité de vie d’un milieu. Ici, il est plutôt question de reconnaître le plein potentiel du secteur culturel en développement à Saguenay et de façon majeure dont les éléments les plus brillants nous représentent à travers le monde.

Quand le train passe, il faut le prendre.

Jocelyn Robert

Saguenay

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LONGUE VIE À L'EAU MALGRÉ TOUT

Le Québec est touché de plein fouet, encore une fois, par des inondations printanières. Ailleurs dans le monde, les inondations sévissent de plus en plus et, semble-t-il, sont causées, entre autres, par les changements climatiques. L’Inde est souvent touchée d’ailleurs.

Devant l’ampleur de nos catastrophes naturelles, c’est donc souvent l’eau qui est en cause ; l’eau de pluie, l’eau de nos rivières, l’eau encore si abondante malgré tout sur notre Terre qui porte encore si bien son nom de planète bleue.

Mais l’eau est une ressource naturelle non substituable. Cette eau souvent si salvatrice. Cette eau qui un jour déclarera forfait sur notre Terre. Comme nous, elle n’est pas éternelle.

Malgré le fait que l’eau nous bouleverse par l’élan de sa force en emportant parfois dans son sillon des êtres chers, elle demeure toujours aussi essentielle à la biodiversité de la vie sur Terre.

Voilà donc une belle ambiguïté pour celle que l’on peut encore goûter librement. Cette eau si présente dans notre quotidien. Celle dont on ne peut se passer. Longue vie à l’eau !

Yvan Giguère

Saguenay