«Personnellement, je ne pense pas que le nom de l'autoroute de l'aluminium ralliera un si grand nombre de Jeannois et de Saguenéens.»

Pourquoi pas l'autoroute des Bleuets ?

En réaction à l'éditorial de Denis Bouchard, rédacteur en chef, publié le 8 avril 2016 sous le titre « Autoroute de l'Aluminium »
OPINION / M. Bouchard,
Vous avez effectivement réussi à alimenter ma réflexion sur le nom que pourrait porter l'autoroute 70. Personnellement, je ne pense pas que le nom de l'autoroute de l'aluminium ralliera un si grand nombre de Jeannois et de Saguenéens. Ce métal a effectivement permis à notre grande région de se moderniser, mais il y a eu des dommages colatéraux, je n'en ferai pas la nomenclature... l'histoire est écrite, mais je me permettrai de souligner que le niveau du lac Saint-Jean fut considérablement relevé en 1926 afin de faire tourner les turbines qui alimenteront en électricité l'usine d'Arvida et le moulin à papier de Dolbeau (l'usine d'Isle-Maligne n'étant construite qu'en 1943 en raison de la guerre). Certes, l'aluminium est omniprésent dans notre paysage régional et vous nous rappelez à juste titre, la couleur gris aluminium du drapeau régional représentant l'industrie et le commerce, mais de plus en plus, on parle de diversifier notre économie afin de se démarquer, de démontrer au monde que nous sommes des Géants.
J'ai également pensé au nom de l'autoroute du Papier ou l'autoroute de la Forêt, mais le futur de ces secteurs est en plein bouleversement (imaginons l'autoroute de l'Amiante à Thedford Mines). Puis l'autoroute de l'Eau, car elle occupe près de 8 % de notre territoire... des lacs, des rivières en voulez-vous, en voilà ! Ce qui me connecta sur l'idée de l'autoroute de l'Électricité, un bon fil conducteur (sic), car des centrales hydroélectriques, il y en a d'est en ouest de la région, des petites, des grosses, des privées, des publiques, des communautaires et on exporte cette énergie dite « verte et renouvelable » à l'extérieur de nos frontières régionales. C'est en fouillant sur la toile que l'idée m'est venue : séparément, les habitants du Saguenay et du Lac-Saint-Jean s'appellent respectivement Saguenéens et Jeannois, alors que collectivement ils s'appellent Saguenay-Jeannois, dans le registre standard, et Bleuets dans l'usage familier. Alors pourquoi pas l'autoroute des Bleuets ! La perle des petits fruits, recouvrant toute la région après la tragédie du Grand Feu du 19 mai 1870 qui se propagea de Saint-Félicien jusqu'à la Baie des Ha ! Ha ! 120 km plus loin, en deux heures à peine. Perle redonnant espoir, courage et énergie à une population dévastée par cette tragédie. Qui n'a pas goûté à ce savoureux bleuet aux multiples vertus dont la récolte, gorgée d'histoires et de légendes, dépassa en 2016, plus de 100 millions de livres, un record ? Bleuets que l'on retrouve non plus seulement en forêt, mais aussi dans des bleuetières sises un peu partout dans toute la région. On le vend aux quatre coins de la planète, tel le sirop d'érable, et alors que de plus en plus de pays veulent le cultiver. D'ailleurs, je m'explique mal que le drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne contienne aucune touche de bleu symbolisant l'eau et le fruit emblématique. On devrait corriger cette anomalie en introduisant le bleuet en plein centre de celui-ci.
La perle des petits fruits qui fait notre fierté, qui teinte de bleu le sang qui coule dans nos veines, mériterait sûrement le nom de l'autoroute des Bleuets et dont les travaux seront, je l'espère, complétés avant le bicentenaire de la région en 2038 !
Stanley O'Brien, Hébertville