Pourquoi faire le choix de l’université ?

OPINION / Beaucoup de gens expriment l’intérêt d’étudier à l’université, ou du moins d’y envoyer leur progéniture. C’est une idée introduite dès l’enfance avec enthousiasme. Pourtant, il se pourrait qu’ils ne saisissent pas tous les enjeux de cet acte. Pourquoi donc choisir d’aller à l’université ?

La réponse à cette question semble évidente : acquérir des connaissances dans un domaine donné, développer des compétences afin d’accéder à un marché de travail satisfaisant, d’avoir un bon travail, un meilleur salaire ou une promotion pour ceux qui sont déjà au travail, une carrière florissante, un meilleur train de vie, un statut, être respecté, etc. Tout cela renvoie en quelque sorte à l’aspect économique et financier qui indique le rôle joué par l’université dans le développement professionnel des gens. Toutefois, il existe ceux n’ayant aucune formation universitaire qui parviennent malgré tout à obtenir tout cela.

Pourquoi dans ce cas passer des années à étudier des notions qui, certaines fois, ne seront pas applicables, s’il existe d’autres moyens plus rapides d’accéder à la réussite ?

Pour arriver à de meilleures réponses, il serait nécessaire avant tout de se baser sur l’objectif majeur de l’existence de l’université : « contribuer à l’évolution de la société vers de meilleures directions. »

L’aspect social dans cette situation s’avère prioritaire par rapport à d’autres. Plus précisément, contribuer au bien-être de la société ne sous-entend pas la réussite d’une personne à l’intérieur de la collectivité où elle se trouve, mais l’aboutissement d’une profitabilité mutuelle.

À travers les différentes notions enseignées, l’université développe chez les gens la capacité de compréhension, d’analyse et d’évaluation sous différents aspects et dimensions, de vérification minutieuse avant d’aboutir à des résultats permettant de prendre des décisions cohérentes et judicieuses.

Elle offre donc la capacité de développer le savoir, le savoir-faire et le savoir-être, d’élargir notre champ de vision, de voir grand, plus loin, au-delà de ce qui saute aux yeux afin d’avoir un meilleur jugement.

Par exemple, face à une situation paraissant nébuleuse, les décisions prises seront plus réfléchies avec des retombées beaucoup plus bénéfiques, car cette boucle qui consiste à comprendre, analyser, vérifier avant de décider se déclenchera par réflexe, et cela, dans presque toutes les activités, qu’elles soient personnelles, professionnelles ou sociétales.

Si l’on se base sur les réponses précédentes, la réussite financière serait avant tout la raison d’aller à l’université, et cela primerait sur le bien-être social, environnemental, etc.

Bien que cette réussite puisse faire partie intégrante de ses objectifs spécifiques et même indispensables, savoir au préalable que la finalité est d’assurer le bien-être social minimiserait certaines dérives sociétales. Des preuves flagrantes des gens ayant réussi dans une perspective nettement financière ont démontré que la plupart oublient le social, projettent une image égocentrique et un comportement qui laisse à désirer. Raison pour laquelle il n’existe pas de chapeaux à leur taille parce qu’ils n’ont pas saisi l’essentiel. Et pourtant, voir plus loin dans une perspective sociétale leur donnerait l’étoffe d’un agent de changement positif. Tout cela insinue que « Choisir l’université consiste à rendre meilleur le jugement des gens pour pouvoir rendre meilleure la société où ils se trouvent. »

En effet, c’est l’une des meilleures institutions qui donne le plus de moyens possible pour arriver à améliorer notre société.

Cependant, une prise de conscience de la part des acteurs est primordiale.

C’est pourquoi se poser régulièrement cette question serait un moyen de rappeler à l’ordre ceux qui la représentent, de prendre au sérieux leur mission ; ceux qui la fréquentent, de prendre conscience de l’importance de leur rôle d’agent de changement positif ; et ceux qui hésitent encore à y accéder, de savoir qu’ils peuvent faire une plus grande différence dans la société en choisissant d’aller encore plus loin, ensemble.

Cynthia Boyard

Doctorante en management de projets

Université du Québec à Chicoutimi