Pour une meilleure justice climatique

OPINION / Des compagnies étrangères ont un gros projet pour le Québec, soit celui de construire un gazoduc de 780 km, partant de l’Abitibi vers le Saguenay. Ce gazoduc terminera sa course vers un terminal méthanier, Énergie Saguenay, afin d’y produire du gaz liquéfié, qui sera ensuite transporté sur des super méthaniers, qui sont parmi les navires les plus gros au monde, soit 300 mètres de long. Ils se promèneront sur notre fjord à nous !

Les scientifiques s’entendent pour que l’on réduise de moitié nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 10 ans. Pourtant, un projet comme GNL Québec aura comme effet de produire un minimum de 46 tonnes de CO2 chaque année, en plus de doubler le trafic maritime dans le fjord. 

L’industrie derrière le projet crie haut et fort que l’usine d’Énergie Saguenay sera la moins polluante au monde, qu’il n’y aura pas de risque d’explosion ou de déversement. Mais la réalité est autre.

La vérité est que le méthane est aussi dommageable que n’importe quel autre gaz. En 2017 seulement, il y a eu plus de 177 accidents de pipelines au Canada. Les retombées économiques annoncées n’ont jamais été prouvées et ce gaz liquéfié s’ajoutera au charbon et au mazout, que l’on prétend vouloir remplacer.

Le message est clair : il n’y a pas d’acceptabilité sociale, et l’énergie proposée en est une de régression, et non de transition. 

Durant les dernières années, nous avons enregistré des records historiques de chaleur et de canicule. Il y a eu une multiplication des feux de forêt, une augmentation des inondations, plus de sècheresse et les glaciers fondent de manière accélérée. La principale responsable de ces évènements est la combustion du pétrole, du charbon et du gaz.

Les personnes les plus touchées par ces conséquences sont les personnes les plus vulnérables. Au Québec, ce sont les personnes qui ont des problèmes de santé, les personnes qui n’auront pas les moyens de pallier à l’augmentation draconienne du panier d’épicerie et de la diminution des aliments disponibles ; ce sont les personnes qui n’auront même pas les moyens de se payer un air conditionné, qui vivront le plus durement les conséquences des changements climatiques. 

Allons-nous encore laisser des gens s’enrichir au détriment du monde dans lequel on vit, laissant dans la misère ceux qui ont déjà de la difficulté à voir le bout ?

Pour toutes ces raisons, le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau-Chapais (MEPAC) donne son appui à la Coalition Fjord, et invite la population qui se sent interpelée par les changements climatiques à s’impliquer dans le mouvement citoyen. Car c’est ensemble que l’on peut créer un réel rapport de force. 

Marie-Ève Bouchard, coordonnatrice

MEPAC