Pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre

OPINION / Le Quotidien du 3 janvier a présenté une expérience originale, et typiquement beauceronne, d’échanges de travailleurs entre deux entreprises du même créneau industriel. 

Dans ce cas précis, c’est la solution mise de l’avant pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre, en plus d’éviter les mises à pied temporaires quand la production ralentit généralement en hiver.

Voilà une belle illustration du « besoin qui crée l’organe ». Le manque de main-d’œuvre, déploré par de nombreuses entreprises québécoises, démontre hors de tout doute que des lacunes sérieuses minent nos programmes de formation. 

Depuis des années, des dirigeants de PME en font état, et il semble que rien ne bouge vraiment. 

Un reportage récent de Radio-Canada nous apprenait qu’en Suisse, la formation professionnelle, celle qui mène à des métiers, est hautement valorisée. De plus, beaucoup de souplesse caractérise les différents programmes. Il est ainsi facile de cheminer entre les divers niveaux d’apprentissage. Ces questions d’éducation concernent les travailleurs en devenir. 

Qu’en est-il de ceux et celles qui sont en fin de carrière ? Là, un sérieux virage s’impose. 

Le Dr Fernand Turcotte, professeur émérite de l’Université Laval, proclame que désormais on commence à être vieux à 85 ans ! Dans les faits, le cap des 70 ans est en train de remplacer la quarantaine de nos ancêtres. À moins que les conditions environnementales se dégradent au point de menacer la santé du plus grand nombre, il est loisible de penser qu’une majorité des trentenaires d’aujourd’hui mourront centenaires. En un mot, oublions « liberté 55 », le rêve et souvent la réalité des baby-boomers. 

Il devient donc impératif de repousser, de plusieurs années, par rapport aux pratiques actuelles, le retrait final du marché du travail. Ce retrait devrait d’ailleurs se faire graduellement. 

Il est coutume de nommer « pension de vieillesse » le revenu que le gouvernement fédéral verse à tous les citoyens à compter de 65 ans. On a là, de nos jours, un réel anachronisme. Il faut revoir ce repère temporel. En contrepartie, la pension pourrait être plus généreuse, si on commence à la verser plus tardivement. On ne cherche pas, ici, à faire des économies. De nombreuses personnes, actuellement retraitées et en parfaite santé, retournent volontairement sur le marché du travail. Pour encourager et soutenir cet apport précieux de personnes qualifiées, pourquoi ne pas prévoir des mesures significatives d’allègement fiscal ? Par exemple, des revenus d’emploi complètement libres d’impôt à partir d’un âge donné. Ce pourrait être vers 65-70 ans. Ce serait une manière, et d’autres solutions restent à imaginer, pour solutionner les problèmes de pénurie de main-d’œuvre.

Bruno Landry

Sherbrooke

Une réflexion pour la nouvelle année

OPINION / Aujourd’hui, nous interpelle Tony Campolo, sociologue et pasteur évangéliste américain, je souhaite vous dire trois choses. La première, c’est que, cette nuit, alors que vous étiez dans votre lit, 30 000 enfants sont morts de faim, de maladie, de malnutrition. La deuxième, c’est que la plupart d’entre vous n’en a absolument rien à foutre. La dernière chose, et non la moindre, c’est que vous êtes plus indignés du fait que j’aie dit « rien à foutre » que du fait que 30 000 enfants soient décédés la nuit dernière.

Bien que cette réflexion soit placée en tête d’un article paru sous le titre Chrétiens : vous vous trompez de combat, elle ne concerne pas que les chrétiens et chrétiennes. Elle sollicite l’attention de tous ceux et celles qui veulent assurer un avenir meilleur à leurs enfants et petits-enfants. En ce début de 2018, écrit Jacques Lison, qui rapporte cette réflexion, l’exercice de se laisser interpeller devrait aider à orienter les prochains jours de notre vie dans la bonne direction. Où se situent nos valeurs ? .... Vers quoi et vers qui s’oriente notre capacité d’indignation ? .... Quelles sont les choses qui nous émeuvent et que nous voudrions voir améliorer ou supprimer au cours de cette année ? ....Sommes- nous tellement repliés sur notre nombril que nous sommes insensibles aux personnes qui vivent dans des conditions de vie presque inhumaines ? Que nous soyons indifférents à l’avenir de la planète, notre maison commune ?

Même le plus petit d’entre nous, si minime soit son pouvoir, peut apporter sa contribution à un monde où il est possible à tous de manger, de se faire soigner, de s’instruire, d’avoir un travail, de se sentir une valeur plutôt que d’être constamment dans un mode survie, à la merci d’une aide humanitaire pas toujours à la hauteur. 

Chacun de nous peut allumer sa petite lumière pour créer un monde plus juste et plus pacifique. Il suffit de nourrir le désir d’une telle contribution. Les actions suivront lorsque l’occasion se présentera.

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau