Pont-barrage-barrière

OPINION / Gérer, c’est prévoir. Prévoir, c’est imaginer l’avenir. Pour la rivière Saguenay, de par son lien avec la mer, eh bien, l’avenir c’est une élévation du niveau des eaux. Selon les plus récentes conclusions du GIEC, une élévation du niveau de la mer de 63 cm (2 pi) a 66 % de chances de se réaliser (cela laisse 34 % de chances de voir un autre scénario, probablement pire, se réaliser) d’ici 2050, c’est-à-dire demain.

Dans l’océan Atlantique, les marées sont d’environ 1,5 mètre tandis qu’au niveau de Chicoutimi — l’effet entonnoir aidant — elles sont de plus de 5 mètres... et dépassent les 6 mètres lors d’une conjonction grande marée, dépression atmosphérique, gros vent d’Est. Dans le cas d’une élévation du niveau de la mer de près d’un mètre, de combien les eaux s’élèveront-elles ici ? D’autant, sinon plus.

D’autre part, pour bien des raisons que nous n’énumèrerons pas toutes ici, nous croyons à la nécessité d’un autre pont, mais pas dans le secteur du centre-ville. Et pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ! C’est ce que nous proposons. 

Alors voici : 

1 – Afin de protéger les basses terres comprises entre Saint-Fulgence et Saint-Jean-Eudes (les parties basses de St-Fulgence, Valin, rang St-Martin, Rivière du Moulin, Chicoutimi-Nord ainsi que la basse-ville de Chicoutimi jusqu’à la côte de St-Jean-Eudes) et tous les bâtiments qui s’y trouvent, nous proposons la construction d’un barrage-barrière (se ferme quand les marées menacent et se rouvre une fois le danger écarté) à la pointe de Saint-Fulgence, dite la flèche du littoral. De pareils ouvrages existent déjà : l’Angleterre en a érigé un sur la Tamise et compte en faire un autre pour protéger Londres ; les Pays-Bas en ont plusieurs, et de tous les genres… pour ne nommer que ceux-là. 

2 – Afin de décongestionner le centre-ville… de permettre aux véhicules lourds en direction de la Côte-Nord (ou l’inverse) d’avoir un accès plus rapide à l’autre rive… de donner à Ariane Phosphate un lien terrestre rapide avec le port de Grand-Anse (et d’éviter ainsi la construction d’un autre port), etc., nous proposons d’ériger le nouveau pont au même endroit. Un pont-barrage-barrière, quoi ! 

Bien entendu, on peut choisir de ne rien faire ou, comme c’est trop souvent le cas, attendre que le désastre arrive et réagir après. Dans ce cas, cessons d’investir dans les secteurs à risque, comme envisager la construction du Centre Georges-Vézina dans le bas de la ville, par exemple. 

Nous lançons un cri d’alarme dans l’espoir que les gens concernés en tiennent compte lors de leur étude sur la pertinence d’un nouveau pont. Par contre, nouveau pont ou pas, nous croyons que le projet de barrage-barrière est une nécessité, et que son étude doit être entreprise dans les plus brefs délais : on sait tout le temps que ça prend, dans notre Belle Province, pour faire les choses.

André Bouchard

Claude Gendron

Chicoutimi

Place à la permaculture

OPINION / Le gouvernement du Québec a dévoilé, dans la première semaine d’avril, sa politique bioalimentaire. Cette politique comporte un volet de soutien au développement du biologique. L’objectif visé est d’amener le secteur biologique à doubler la superficie en culture d’ici 2025. Un montant de 7 millions $ bonifie la Stratégie de croissance de ce secteur.

Le secteur biologique contribue à la vitalité des territoires et offre une réponse aux attentes de la population québécoise, selon le communiqué du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation intitulé Mise en valeur des territoires.

La permaculture représente une voie intéressante en matière d’agriculture. La permaculture consiste à créer des habitats soutenables pour les humains en suivant les modèles de la nature. La permaculture est inspirée à la fois de pratiques ancestrales et de développements scientifiques les plus récents. L’éthique de la permaculture tourne autour de principes tels que le respect de la terre, le souci des gens, le partage équitable des ressources pour les humains et les animaux.

L’idée à la base de la permaculture est de s’inspirer des processus de la nature pour aller dans leur sens. Cela semble d’autant plus pertinent que l’empreinte écologique des humains sur la terre est telle qu’il faudrait repenser les modes d’utilisation des ressources. On n’a qu’à songer au fait que depuis 1986, la consommation des humains dépasse les capacités de la terre de renouveler les ressources. On peut également songer à l’accroissement des déchets, l’augmentation de la pollution de toutes natures, le déclin de la biodiversité, l’accroissement continu des gaz à effets de serre, etc.

Il serait très souhaitable que des ressources soient affectées au soutien de la permaculture, tout en étant conscient que ce mode de fonctionnement représente un changement important auquel les humains sont confrontés. Serons-nous capables de relever ce défi ? Je l’espère.

Nicole Moreau

Québec