Plus les temps changent, plus on en ajoute

Les changements climatiques sont maintenant entrés de plein fouet au Québec. Ils se manifestaient déjà, mais de façon plutôt douce. Il fait un ou deux degrés de plus en hiver et l'on ne s'en plaint pas. Mais lorsque le Québec baigne dans ses eaux, on voit la dure réalité.
Ces événements que certains diront occasionnels seront de plus en plus fréquents dans les années à venir. Quel est le rapport avec le titre ? Eh bien, il me semble évident. Depuis des décennies, les scientifiques avertissent la population mondiale que nous courrions à notre perte en continuant à brûler les hydrocarbures de façon effrénée. Que faisons-nous pour y remédier ? Nous honorons les automobiles individuelles dans des publicités où les rues des villes sont miraculeusement vides afin de démontrer la puissance de ces bagnoles. Et en toute cohérence, la promotion des véhicules électriques ou le transport en commun se fait plutôt rare.
On construit de plus en plus d'autoroutes gourmandes de ciment et de pétrole. Tiens, pourquoi ne pas subventionner une cimenterie à hauteur de 400 millions $ ? Tant qu'à y être, décrétons donc une loi pour que personne ne puisse contrecarrer ce projet ! Tiens, pourquoi ne pas développer au Québec une industrie inexistante, celle du pétrole et du gaz par exemple, que nous subventionnerons à hauteur de 1,5 milliard $ ? Tiens, pourquoi ne pas voter une loi, comme la loi 106, qui encadrera cette industrie de façon à ne plus pouvoir empêcher ce développement ? Tiens, pourquoi ne pas favoriser un projet qui fera vendre du ciment, comme le REM, que nous paierons plus de trois fois le coût du stade olympique ? Tiens, pourquoi ne pas voter une loi pour qu'on ne puisse pas s'interposer pour bloquer ce projet ?
Vous croyez que je fabule ? Pas du tout ! Ces trois exemples à eux seuls feront en sorte que le Québec, qui était une des sociétés les mieux placées au monde pour faire une transition efficace vers une nouvelle ère, devienne un cancre environnemental pitoyable. Au lieu de développer des projets structurants comme le TransQuébec, qui aurait été la solution la plus logique aux problèmes de congestion routière en favorisant le transport en commun, nous demeurons emprisonnés dans des concepts démodés et énergivores qui ne vont que contribuer à augmenter la fréquence des catastrophes naturelles, tout en enrichissant les amis du parti. Parce que c'est toujours à cette case que nous nous retrouvons. Toujours à la case où les mêmes personnes sont soupçonnées sans jamais être accusées, toujours les mêmes systèmes de corruption, de collusion et de subvention qui refont surface.
Au lieu d'encourager le développement d'industries qui créeraient des emplois et de la richesse partout sur le territoire comme la géothermie, l'énergie solaire ou la biométhanisation, on se tourne vers les avenues connues et usées de la collusion avec l'industrie la plus polluante au monde, les hydrocarbures.
Vous ignorez que notre bas de laine québécois y a les pieds bien installés ? Renseignez-vous sur les investissements de la Caisse de dépôt et placement dans les hydrocarbures, et ce, tant au Québec qu'en Alberta. 
Vous verrez. C'est très dur de réaliser que notre gouvernement plonge les deux mains dans ce plat sale.
Jacques Tétreault, Coordonnateur général adjoint RVHQ
Perte de temps?
Pour moi, l'initiative d'un groupe de personnes, incluant l'UMQ, d'aller à Washington pour les sensibiliser à la taxe Trump sur le bois était perdue d'avance et sans fondement. Cette activité brise le pouvoir de négociation du Canada dans ce domaine tout en éparpillant les forces en présence. Le gouvernement canadien devrait interdire de telles manoeuvres puisque cela relève du commerce extérieur. On pourrait nommer cette manoeuvre d'entropique, désorganisée. Les entreprises n'ont pas été proactives plus qu'il ne le faut, les gens se rappellent très bien la naissance de la TPS qui était payée par les manufacturiers au départ. Cette taxe était pour les ventes des fabricants (TVF) de 13,5 % que le gouvernement imposait sur les biens fabriqués. Les fabricants soutenaient que la taxe faisait mal à leur compétitivité internationale et a été transférée plus tard aux consommateurs. Avantage de 13,5 % et ajoutons la valeur du dollar canadien présentement qui facilite les exportations, plus avantageux que cela tu meurs. Ces entreprises de bois n'ont pas été vigilantes à développer de nouveaux marchés. Elles ont attendu que l'arbre tombe par lui-même, à ne pas oublier que ce conflit perdure depuis plus de 20 ans et que cela aurait dû nous faire réfléchir avant... non ? À mon sens. Les poutres industrielles ce n'est pas assez, il faut prévoir l'avenir plus que cela, cela va-t-il les faire réfléchir ? À ne pas oublier que Résolu est une compagnie américaine, ils ne se tireront pas dans le pied tant que cela...
André Tremblay, Saguenay