Plaidoyer pour l’argent comptant

OPINION / J’ai lu avec un grand intérêt votre article sur l’avenir de l’argent comptant publié le samedi 18 avril. C’est un excellent article et je supporte le message principal à savoir que l’argent comptant va continuer d’être utilisé encore pour un bon bout de temps.

J’ai travaillé 30 ans à la Banque du Canada (1972-2002) et ce sujet me fascine encore. J’aimerais mentionner quelques points additionnels sur ce dossier.

Je pense que les gens valorisent en général le fait d’avoir le choix entre divers modes de paiement. Si les systèmes informatiques des grandes banques sont en panne pour un certain temps, l’argent comptant peut être un mode de paiement fort utile.

Lors du passage à l’an 2000, il y avait beaucoup plus de comptant en circulation au cas où il y aurait eu des problèmes avec les systèmes de paiement électronique. Après le passage sans problème, les billets ont été retournés rapidement à la Banque du Canada.

Les consommateurs ne voient malheureusement pas le coût qui est chargé aux détaillants par les distributeurs de cartes de paiement, notamment les cartes de crédit. Par contre, les détaillants ont des frais reliés à l’acceptation de paiement en comptant. Ce serait bien si la taille de ces coûts pouvait inciter les consommateurs à choisir le mode de paiement qui serait le moins dispendieux selon le type de transaction qu’ils font. Les frais de paiement supportés par les détaillants augmentent leurs coûts de production et cela est inclus implicitement dans le prix chargé aux consommateurs.

Il est important que les institutions financières permettent à des consommateurs à faible revenu d’avoir accès à des comptes bancaires ayant peu de frais et à l’usage de cartes bancaires.

Aux États-Unis, certaines villes défendent aux détaillants opérant sur leur territoire de refuser des paiements en argent comptant dans le but de protéger la clientèle qui n’a pas de carte électronique de paiement.

Il y a cependant une tendance qui est très forte et qui devrait continuer de s’exercer, c’est un usage de plus en plus grand de payer ses dépenses de consommation avec des cartes de paiement, même pour des transactions de valeurs de plus en plus petites. La possibilité de payer rapidement en passant une carte devant un lecteur électronique renforce cette tendance.

La possibilité d’acheter avec du comptant des cartes prépayées pousse davantage certains détaillants à refuser de l’argent comptant. Il y aura sûrement de plus en plus d’intermédiaires financiers qui offriront ce service.

Le fait de faire de plus en plus de transactions en ligne va accroître les transactions électroniques.

Finalement, les consommateurs semblent de moins en moins intéressés à détenir et à utiliser des pièces de monnaie et les gouvernements sont de moins en moins intéressés à mettre en circulation des billets de banque de grande valeur. Ici au Canada, il n’y a plus de nouveaux billets de 1000 $ mis en circulation par la Banque du Canada. La pièce d’un cent n’est plus mise en circulation. C’est pour quand le retrait de la pièce de 5 cents ?

Un dossier fascinant.

Jean-Pierre Aubry

Économiste indépendant

Ex-cadre supérieur de la Banque du Canada

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NE PLUS PAYER EN ARGENT COMPTANT

J’ai aimé votre article sur l’argent comptant. On devrait rester toujours comme on est dans le moment, soit de ne plus payer en argent comptant.

Pourquoi ? Arrêt des travaux ou achats payés en dessous de la table. Les vendeurs de drogue auraient de gros problèmes, car payer avec une carte laisse des traces et ceux qui font les drogues ne pourraient plus blanchir l’argent. Les maires ou autres personnes semblables ne pourraient plus avoir d’enveloppes brunes, etc. Tout le monde paierait de l’impôt.

On s’est adaptés depuis un mois, pourquoi ne pas continuer pour toujours comme cela ?

La majorité des gens vont être d’accord, sauf la Banque du Canada qui fabrique l’argent.

Alain Tremblay

Chicoutimi

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COUPABLE

Pendant que les groupes de pression manifestaient pour protéger le caribou forestier ou le béluga du Saint-Laurent, on assistait à des coupes sauvages dans les services aux aînés.

Collectivement, nous n’avons rien fait, nous n’avons rien dit, réélisant année après année des fossoyeurs qui ont préparé le « génocide » auquel nous assistons présentement.

Nous sommes responsables comme collectivité de n’avoir rien fait pour protéger les plus vulnérables. On dit que « nous avons les élus qu’on mérite » et la situation actuelle en est l’illustration parfaite.

Oui, je suis coupable aussi de tout ce désastre. Je me surprends à penser comme j’ai été chanceux d’accompagner mon père alors qu’il était en fin de vie. J’ai eu le privilège de lui tenir la main jusqu’à son dernier souffle. On s’est parlé, il nous a bénis et s’est ensuite endormi pour toujours.

Je ressens un chagrin profond pour toutes ces familles qu’on a privées de ce privilège.

Je plaide coupable d’avoir contribué à cette situation par mon silence et mon inaction.

Il y aura un après-COVID, il faudra exiger qu’on prenne les mesures pour que plus jamais ça ne se reproduise.

Gervais Villeneuve

Chicoutimi