Peuple, nation, république? Mais tous Québécois

OPINION / Il ne faut pas se méprendre : il n’y a pas que ceux qui espèrent en l’instauration d’une république (ou d’un pays du Québec) qui, pour certains, disent n’importe quoi.

Il y a également ceux qui nient la réalité. Et elle est facile à voir cette réalité.

Nous avons récemment souligné la fête nationale du Québec (encore appelés par plusieurs la Saint-Jean-Baptiste – un très beau nom d’ailleurs, basé sur nos origines chrétiennes et l’histoire du peuple canadien-français) et plusieurs s’entendent pour dire que notre fierté d’appartenir à la nation du Québec est bien plus forte que celle d’être rattachée à la nation canadienne. C’est ça, la beauté du peuple québécois.

De cette nation canadienne qui tente, à partir d’Ottawa, de se construire un nom par toutes sortes de manières et ainsi intervenir dans nos champs de compétence. 

J’en ai pour preuve cette imposition par Patrimoine Canada de faire installer un monument important qui porte le beau titre de Le député arrivant à Québec à l’endroit où il aurait dû être posé : au parc Montmorency, dans le Vieux-Québec, l’endroit qui représente les lieux mêmes où ont siégé les élus du Bas-Canada de 1792 à 1838.

En lieu et place, avec «ses gros sabots» et son pognon, l’institution fédérale a obligé nos élus actuels de l’Assemblée nationale du Québec  à l’ériger dans l’allée centrale de l’hôtel du Parlement. Ici l’histoire est bafouée et nos élus de tous partis confondus ne sont pas respectés. Si ce n’est pas nier nos droits, je me demande ce que c’est.

Et ce que je retiens de la dernière rencontre des treize premiers ministres des provinces et des territoires canadiens : toujours la même parade, à savoir que devant les caméras, ils lancent de belles idées de concertation et d’union face aux «attaques» de M. Trump quant au commerce continental, mais ils ne sont pas «foutus» de trouver une solution à l’achat d’alcool  acheté de ce côté-ci et transporté de l’autre ou vice-et-versa. 

Pourtant pas un dossier compliqué. 

Mais avec treize têtes fortes, c’est plus difficile et je n’ai pas inclus monsieur Justin  Trudeau, ce qui fait quatorze à table, lorsque le compte y est.

Alors que, si nous avions tous les pouvoirs de discuter, de négocier et de nous tenir debout au nom des intérêts fondamentaux du peuple québécois, alors les treize interlocuteurs en face de nous seraient réduits à un seul face-à-face, d’égal à égal, nous ferions progresser davantage tous les dossiers d’une société moderne. 

En attendant, je me réjouis par contre de voir les forces de notre nation québécoise. 

Trois courts exemples : d’abord notre système de justice, basé sur le Code civil, accompagné de la médiation, du principe de justice réparatrice et de tout le système judiciaire, qui malgré ses lenteurs, fait régner un certain climat de douceur au Québec par rapport à l’Ontario où la violence s’emballe (de plus en plus de morts par voies armées à chaque année seulement à Toronto; on ne voit pas ça à  Montréal, encore moins à Québec).

Autre point : la force de la solidarité. 

Il n’a pas fallu des semaines avant que les agriculteurs, toutes ces personnes qui se lèvent aux aurores pour nous permettre d’avoir notre lait et notre beurre sur la table, de l’Estrie ou d’ailleurs, qui ont offert de dépanner les nôtres en manque de nourriture de base pour leurs animaux.

C’est ça, la force du peuple québécois. 

Et lorsque j’ai entendu ce jeune chercheur de l’UQAC, monsieur Simon Girard,  venir nous présenter le résultat de leurs recherches sur l’épilepsie en sachant qu’il faut des années pour aboutir à des résultats concrets qui servent partout dans le monde. 

Je pourrais citer bon nombre d’exemples dans le domaine scientifique comme la lutte contre les changements climatiques où le Québec regorge de chercheurs spécialisés et qui aident la planète à s’en sortir. C’est cela la détermination du peuple québécois.

Alors en cette belle période de vacances, admirons nos paysages, profitons de l’été et préparons-nous à une période électorale qui débutera officiellement dans tout juste un mois et qui nous permettra encore d’échanger, de discuter dans le respect du genre de société nous voulons laisser à nos enfants et nos petits-enfants.

Pierre Forest

Jonquière