Personne n’est plus sourd que...

OPINION / Si le patronat québécois veut maintenant la modernisation de la loi sur la Santé et la sécurité au travail (SST), il est bien mal barré en espérant voir les syndicats assumer ce qu’il appelle leur part des coûts des accidents et des maladies professionnelles. À ce que je sache, le milieu de travail appartient toujours au patron. Si un ouvrier s’enfarge dans un tapis mal disposé, qui est responsable ?

S’il y a aujourd’hui une loi sur la Santé et la sécurité au travail perfectible et modernisable, c’est grâce aux travailleuses et travailleurs syndiqués qui ont lutté pour l’avoir. Le patronat, qui a travaillé fort contre cette mesure votée à la fin des années 70 par le gouvernement péquiste de René Lévesque pour remercier la classe ouvrière de l’avoir élu en 76, s’est montré à l’époque contre la modernisation et contre la civilisation des conditions de travail dans ses propres entreprises. Tout ce qui compromettait les profits des compagnies était inacceptable par toute une frange de la société.

Également, il est bon de le rappeler, avant la Commission des accidents de travail établie en première moitié du siècle dernier, il n’y avait rien pour assurer un accidenté ou un malade du travail contre la plongée dans les bas-fonds de l’indigence la plus abjecte. À moins, ce qui était rarement le cas, d’avoir les reins assez solides financièrement pour traîner devant les tribunaux son patron qui gagnait presque toujours. Après quoi, le mépris du patron envers la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses continuait, sans coup férir, à égaler à son obnubilation par tout ce qui génère le profit.

La Commission des accidents du travail est venue apporter un certain baume à la détresse, l’insécurité et le désarroi des travailleuses et travailleurs des manufactures de l’époque ; elles qui étaient dignes de celles du Bangladesh, aujourd’hui, où dans l’une d’elles il y a quelques années, des milliers d’entre eux ont trouvé la mort lorsque la bâtisse où ils travaillaient dans des conditions exécrables s’est écroulée. D’aucuns diront qu’aujourd’hui, c’est fort différent ; que le Québec est un modèle universel en matière de SST.

Oui, mais grâce à qui ? Un mouvement syndical fort de connivence avec un gouvernement social-démocrate. Voilà ! Je suis bien placé pour le savoir. J’ai été responsable du dossier SST dans mon syndicat au moment du débat sur le projet de loi 17, à la fin des années 70, lequel, sans aucun doute, fut à l’origine d’une prise de conscience sociale sur un pan de nos vies à transformer, portée par les travailleuses et travailleurs syndiqués du Québec. Le mouvement patronal n’en voulait tout simplement pas de cette loi à cause de laquelle ce serait à lui à payer les pots cassés dus aux accidents et aux maladies professionnelles.

S’il faut moderniser l’aspect SST, un objectif fondamental reste celui de repousser sans cesse les limites des accidents du travail et des maladies professionnelles. Il est scandaleux d’apprendre qu’en 2020, la surdité dans les milieux de travail québécois est deux fois plus élevée qu’en Ontario, tout simplement parce que les propriétaires des dits milieux ne font pas attention avec leurs machines trop bruyantes. C’est dangereux pour un travailleur dont la surdité augmente silencieusement et de façon insidieuse, et qui, en plus, voit sa qualité de vie se détériorer de façon inéluctable.

Conséquemment, la modernisation de la loi sur la SST doit nécessairement passer par plus de dépenses de la part des patrons, à défaut par ces derniers de mettre au goût du jour leurs entreprises à ce chapitre. Ce n’est pas aux travailleuses et aux travailleurs à faire des concessions en assumant, à l’avenir, une partie des coûts des accidents et des maladies professionnelles, dont la totalité incombe, présentement, aux patrons.

Marcel Lapointe

Jonquière

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BILLY LE CHIEN ET SES CACAS

En réaction à la chronique de Joël Martel intitulée «Utiliser la poubelle d’un voisin», publiée dans notre Mag du 29 février.

Bonjour M. Martel,

C’est plus fort que moi, à chaque fois que je lis vos articles, vous me faites tellement rire que j’ai envie de vous répondre. Effectivement, l’histoire des cacas de chiens est toujours un sujet délicat.

Je ne sais pas où vous habitez, mais ici, dans mon petit bled, les poubelles sont bien cachées et n’apparaissent que le jour du ramassage. Donc, si vous marchez avec toutou, question nationale ou pas, vous ramenez votre sac au trésor à la maison !

J’ai toujours apporté mon petit sac en allant marcher, mais j’ai la chance d’avoir un chien capricieux qui ne fait caca que dans sa cour ! Le précédent était pareil. Mais ça doit aussi être ramassé. L’engrais naturel, pas mon style ! Et quoi de plus déplaisant que de voir des excréments de chiens laissés sur le trottoir. Je me souviens avoir offert mon sac vide à un jeune homme qui n’en avait pas et qui repartait sans se soucier de ce que son chien laissait par terre. Il avait l’air gêné quand je lui ai donné mon sac !

Tout ça pour dire que si ma poubelle était proche, je n’aurais pas de problèmes à ce quelqu’un s’en serve pour y jeter son petit sac cadeau ! Vivement que le printemps arrive pour faire de belles découvertes !

Salutations à votre conjointe et câlins à Billy le chien !

Viviane Brodeur

Granby