Paul Gérin-Lajoie

Paul Gérin-Lajoie et UQAC

OPINION / Paraissait récemment aux Éditions du patrimoine de Chicoutimi le livre de Carl Beaulieu intitulé L’Université du Québec à Chicoutimi : un demi-siècle de haut savoir en région. L’auteur a su mettre en valeur la vision et la persévérance des pionniers de cette université, authentiquement régionale par sa géographie et vraiment universelle par sa mission. On y insiste sur le rôle irremplaçable des professeurs dans l’exercice de leur double responsabilité d’enseignants et de chercheurs. Ce livre, déjà intéressant aujourd’hui, est appelé à prendre de la valeur avec les années. Il sera un utile rappel des premières décennies de l’UQAC et saura certainement inspirer d’autres audaces et dépassements.

Les funérailles nationales du ministre fondateur du ministère de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, seront célébrées cette semaine (le 9 août). C’est l’occasion de rappeler la création du ministère qui changera tout, avec respect du passé, dans notre monde de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Avec en particulier la mise sur pied du réseau de l’Université du Québec, dont l’UQAC.

J’ai naturellement lu avec attention les pages de l’ouvrage rappelant mon passage à Chicoutimi. On ne saurait mieux résumer, sobrement et clairement, aussi bien ce que j’ai observé à mon arrivée comme recteur que ce que j’ai entrepris, sans pouvoir le mener à terme, pour la promotion et la défense des objectifs de l’université en région. Comme je l’avais antérieurement fait à l’Université Laval. On ne peut mesurer l’importance d’une université à sa seule taille ou à sa localisation. Ayant bien connu les universités Cornell et autres Dartmouth de petites villes américaines, j’avais développé la conviction que ce serait une grave erreur pour un gouvernement de n’avoir d’attentes élevées et d’attentions adéquates que pour celles des grands centres.

Je ne peux manquer d’évoquer un événement ayant marqué le quarantième anniversaire du ministère de l’Éducation. J’avais alors codirigé, à l’Assemblée nationale et à la Maison Montmorency, l’hommage rendu au ministre fondateur Paul Gérin-Lajoie. Nous avions pu longuement nous entretenir, partageant le même enthousiasme et les mêmes convictions : importance de la présence du Québec et du Canada au plan international (il avait aussi été directeur général de l’ACDI et moi-même, professeur coopérant au Cambodge et en Tunisie). Nous partagions également le souhait que l’éducation, première police d’assurance de notre avenir, reprenne la tête des engagements financiers de l’État. Comme il en avait déjà été. Même devant la santé.

Hubert Laforge

Professeur et ancien recteur de l’UQAC

Québec

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FÉLIX LECLERC ET LA BAIE-JAMES, IL Y A 30 ANS

OPINION / Le 8 août 1988, je quittais Trois-Rivières pour prendre l’avion de Dorval à Val-d’Or en direction de La Grande, à la Baie-James. Dépaysée comme enseignante en musique sur la réserve crie, une nouvelle d’une grande tristesse m’attendait.

Le déménageur venait de m’apporter mes effets personnels, dont une petite télévision en noir et blanc de 9 pouces. Assise dans mon étroit studio, j’apprenais à l’écran que mon chanteur préféré, le grand Félix Leclerc, venait de mourir.

Je me suis alors rappelé ce premier spectacle en plein air de Félix sur la Place du Flambeau, au centre-ville de Trois-Rivières. Seul avec sa guitare sur une grande estrade en bois. Je m’étais assise au premier rang pour ne rien manquer. Je devais avoir autour de 14 ans, au milieu des années 1950.

C’était une première rencontre qui m’aura permis par la suite de chanter Le p’tit Bonheur et Attends-moi p’tit gars, mes deux chansons fétiches, dans des veillées familiales ou lors de fêtes officielles, soit a capella, ou en m’accompagnant au piano dans un de mes arrangements. J’égayais les touristes dans quelques bus et trains lors de voyages en groupe en Égypte, en Europe, en Amérique du Sud ou en Asie.

Présente à Paris, pour son 25e anniversaire de carrière, la salle de spectacle du « Bobino » était remplie à craquer pour entendre Félix, une de leurs idoles, toujours seul sur scène avec sa guitare. Dans les années 1970, je me rappelle avoir été demandée pour enregistrer Attends-moi p’tit gars dans un studio parisien, plage que l’on retrouve sur disque 33 tours à la SACEM.

À la Baie-James, au milieu de l’automne 1988, invitée à la radio communautaire de Chisasibi, j’ai eu l’opportunité de converser avec l’animatrice française qui dut admettre que si la France avait adopté le poète et chansonnier Félix Leclerc, il était d’abord Québécois, originaire de La Tuque en Mauricie, revenu dans sa dernière demeure à l’île d’Orléans et que nous en étions très fiers. Félix fait partie des grands de la chanson, du théâtre et de la poésie. Toujours après 30 ans ! Salut Félix !

Louise Cloutier

Trois-Rivières