Parlons plutôt de la réussite des élèves

L’auteur de cette lettre d’opinion est Éric Bergeron, président du conseil des commissaires de la Commission scolaire De La Jonquière.

OPINION / À toute la communauté scolaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, je suis inquiet. Inquiet pour la démocratie et pour l’équité dans les services à nos élèves, depuis que le gouvernement du Québec a déposé, le 1er octobre 2019, le projet de loi 40 modifiant la Loi sur l’instruction publique.

Ce projet de loi vise à transformer les commissions scolaires en centres de services et à remplacer le conseil des commissaires par un conseil d’administration.

On voit dans ce projet de loi une certaine centralisation des pouvoirs. Cette perte d’autonomie pour notre région me préoccupe grandement. Il y a un danger à perdre une voix politique et représentative de notre milieu. En lisant le projet de loi, je me demande si Québec prendra désormais les décisions pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Vivrons-nous une réforme comme celle que le système de santé a vécue ?

Les commissaires assurent une répartition équitable des ressources entre tous les établissements de notre territoire afin que chaque élève ait des chances égales de réussir. La vue d’ensemble et la neutralité des commissaires permettent aux élèves des plus petites écoles de ne pas être pénalisés par rapport aux écoles des plus grandes villes.

Le conseil des commissaires prend des décisions sur des questions générales et administratives, toujours dans le meilleur intérêt de l’ensemble des élèves.

Les décisions pédagogiques sont déjà prises au niveau des écoles, par des équipes-écoles dédiées, soutenues par des directions engagées pour la réussite des élèves. Le code de vie de l’école est revu annuellement par le conseil d’établissement. Les activités proposées pour les élèves sont également discutées et approuvées par le conseil d’établissement de chaque école.

Encore une fois, on tente de faire table rase de ce qui fonctionne et qui mérite d’être amélioré. Pourquoi ne pas parler de réussite plutôt que de structure ? Pouvons-nous tenter d’améliorer le modèle au lieu de tout changer ?

Personne ne connaît mieux le milieu qu’un commissaire issu de ce même milieu.

Le projet de loi du ministre Roberge propose de passer d’un conseil des commissaires à un conseil d’administration. Comment cette décision va-t-elle enrichir ou améliorer les décisions prises ? Le projet de loi n’en fait pas mention. Nul doute qu’un conseil d’administration formé de parents aura à cœur la réussite des élèves, j’en suis convaincu. Mais je me demande où ces parents, qui doivent déjà jongler avec le travail, les activités et les obligations parentales, trouveront le temps de participer à toutes les activités et rencontres qui viennent avec le rôle de commissaire. Tout ça, à peu de chose près, de façon bénévole !

Lors de la consultation sur le projet de loi, plusieurs membres du comité de parents se sont montrés réticents au fait qu’il n’y aurait aucun lien entre le conseil d’administration, le comité de parents et le comité consultatif des services aux élèves à besoins particuliers. D’autant plus que le processus d’élection des membres parents du conseil d’administration est loin d’être clair et ne semble pas équitable.

Peu importe le dénouement, je vous assure que votre président et votre conseil continueront de travailler dans le meilleur intérêt de tous les élèves, jeunes et adultes.

Il est temps d’arrêter de parler de structure. Comme société et communauté scolaire, parlons de réussite pour nos élèves.