Ouvrir la boîte de Pandore, pourquoi pas?

En réaction à l’éditorial de Marc St-Hilaire intitulé « Ouvrons-la, cette boîte de Pandore » et publié le 30 octobre.

OPINION / Monsieur St-Hilaire,

Dans l’ensemble, j’ai apprécié cet éditorial que vous faisiez paraître dans votre édition du mercredi 30 octobre. Certaines de vos affirmations me paraissent toutefois discutables.

« Le nom de Saguenay est assimilé », dites-vous. La population ne l’a pas assimilé. Tout le monde utilise le nom d’origine de sa ville pour s’identifier. Chicoutimi, Laterrière, La Baie, Jonquière, etc. Et c’est très bien ainsi. Personne n’utilise le nom Saguenay parce que ce nom ne nous situe pas. Le nom Saguenay est utilisé seulement par les médias et les organismes municipaux, sinon, il tomberait en désuétude.

Le choix du nom qu’on a fait en 2002 est désormais classé dans les « vieilles histoires » qu’on n’aime pas ressasser. J’avoue que ce n’est pas agréable, mais il faut avoir le courage de réparer les erreurs historiques où la démocratie et la logique n’ont jamais été respectées. Le Mouvement Chicoutimi ne propose pas un nouveau référendum ni une consultation. Le Mouvement Chicoutimi demande la formation d’une commission composée de spécialistes en la matière, historiens, anthropologues, pour réévaluer le nom de la ville.

Un nom est bel et bien une entité, quelque chose de vivant qui doit refléter une réalité. Dans l’Histoire, de nombreuses villes, pays et autres lieux ont changé de nom. Ainsi, la rue Amherst, à Montréal, ainsi appelée depuis 200 ans, est devenue la rue Atateken, parce que ce nom était une erreur de l’Histoire.

Vous écrivez aussi que la reconsidération du nom, par le conseil de ville, est une « hypothèse improbable ».

Je ne conçois pas qu’un organisme responsable, tel un conseil de ville, ne daigne pas se pencher sur une question aussi importante que celle qui est, en quelque sorte, sa marque de commerce. Ce serait douter de la bonne foi, de l’intelligence et du jugement de nos élus que de les condamner d’avance au statu quo.

Ouvrir la porte à un « nouveau référendum » sur le nom de la ville… qu’adviendrait-il ?

D’abord, il n’y a jamais eu de « référendum ». Il y a eu une consultation bidon pour faire croire à la population que tout se passait démocratiquement alors que le nom « Saguenay » était déjà inscrit dans la loi. Souvenez-vous que plus d’un an avant ladite consultation, Promotion Saguenay faisait de la publicité à grands frais, à la télévision « Ma belle ville Saguenay » « J’aime ma ville Saguenay ». Comment peut-on utiliser un tel langage publicitaire si le nom n’est pas encore inscrit ?

Libre aux citoyens de continuer à utiliser leur nom d’origine.

Pauline Brassard

Chicoutimi