Ouvrez les frontières

OPINION / Nous vivons dans un monde où les capitaux peuvent circuler librement d'un pays à un autre, sans entrave, ou si peu, de par des accords de libre-échange qui viennent baliser cette libre-circulation.  C'est ainsi qu'un milliard de dollars appartenant à un riche investisseur chinois peuvent se retrouver investis dans un projet immobilier aux États-Unis, en Europe ou en Asie.  Parfois ces capitaux créent de la richesse et des emplois pour les gens qui accueillent ces investissements; d'autres fois, c'est le contraire qui arrive.  Mais on ne remet pas pour autant en question la libre circulation de ces capitaux.  On l'encourage, à grand renfort d'argent public et de mesures incitatives.  C'est dans l'ordre des choses du néolibéralisme.
Mais, dans ce même monde, on n'accorde pas le même privilège de libre circulation aux personnes, hélas.  Ces personnes se retrouvent bloquées aux frontières, où on les soumet à un lourd processus bureaucratique pour leur permettre de les traverser; processus couteux, laborieux, long, trop souvent inaccessible.  Mais pourquoi ces gens voudraient-ils quitter leur pays vers les États-Unis, l'Europe ou le Canada?  Parce que les conditions de vie dans leur pays ne sont plus vivables : pauvreté, guerre, chômage, violence, catastrophes climatiques, inexistence d'un système public pour les soigner, les éduquer, les protéger.  Leurs richesses appartiennent trop souvent aux investisseurs dont je parle plus haut, ce qui ne leur laisse pas grand-chose pour espérer mieux.  Juste cette idée de chercher mieux ailleurs. Et quand ça bloque aux frontières, on essaie de passer autrement. C'est à ce moment qu'on devient un illégal.
Les prochaines renégociations de l'ALÉNA doivent nous amener à revoir la façon dont nous octroyons la liberté de circulation aux uns et aux autres.  La situation que nous vivons au Québec depuis quelques mois, ces migrants apeurés par les déclarations violentes du président Trump qui traversent chez nous, devrait nous faire comprendre que ce n'est pas en les refoulant que nous règlerons la problématique.  Ce serait irresponsable de le faire, et cela irait contre nos propres intérêts.  Il faut convenir d'une zone de libre circulation des personnes entre les trois partenaires du libre-échange, selon le même principe établi pour les capitaux.  Il faut simplifier le processus d'accession au statut de citoyenneté, dans le respect de nos lois, de nos chartes des droits et de nos communautés.  Il faut s'assurer que ces capitaux financiers et humains viennent tous deux enrichir nos communautés et nous permettre de nous projeter dans les défis collectifs qui nous attendent dès aujourd'hui.
L'ALÉNA a assez profité aux riches et aux multinationales; il est temps qu'il soit profitable pour les gens et pour la protection de notre environnement. Plus que jamais, ouvrons les frontières, pour tout le monde!
Éric Dubois, Saguenay
L'humeur du temps
De nos jours, y a-t-il une chose plus critiquée que la température ? Tous les qualificatifs y passent. De façon continuelle, la température est au banc des accusés.
Autrefois, les chaînes de radios et de télévisions nous informaient brièvement du temps qu'il ferait. Maintenant, c'est tout un cirque qui se fait sur le sujet qu'est la température. Lorsque le présentateur ou la présentatrice de nouvelles a terminé la litanie de mauvaises nouvelles, que l'on peut qualifier de vielles, de ce qui se passe dans le monde, il ou elle invite celui ou celle qui nous informe de la température qu'il fera le lendemain et les jours suivants. Ce dernier ou cette dernière est attendu(e) avec une brique et un fanal. Avant même qu'il ou elle s'exécute, on rend coupable ce messager s'il y a de la température que l'on qualifie de mauvais temps. Avec un air contrit, le messager, spécialiste de la météo, s'exécute comme si ça dépendait de lui uniquement le temps qu'il fera. À la fin de son laïus, s'il y a des moments d'ensoleillement quelque part, il dira pour conclure : « c'est pas si mal ! » La traduction directe de « Not too bad ».
Il y a des peuples qui ne se formalisent pas avec le temps qu'il fait. Ils s'en accommodent avec sagesse comme le faisaient nos ancêtres. Mais, combien de personnes savent que la température est influencée par les actions incohérentes et nocives des humains, telles la dévastation des forêts, la pollution de l'air, de l'eau et de la terre ?
Combien de terriens se sentent solidaires de l'air que respirent les autres et les animaux ? Comme toutes les molécules d'air, d'eau et de terre sont toutes unies, les molécules de notre corps sont aussi toutes unies à ce monde terrestre. Comme les pensées influencent notre corps, par le fait même elles influencent toute la planète et son environnement. Des pensées de lumière influencent positivement le contenu de ce monde. Par contre, des pensées de haine, et vous pouvez constater combien il y en a, celles-ci influencent négativement la planète et son contenu. Qu'on le veuille ou non, l'humeur du temps est reliée à l'humeur de chacun des habitants de la planète terre. Accuser la température, c'est s'accuser soi-même et le monde entier.
Martin Belley, Saint-Nazaire, Lac-Saint-Jean