Oubliés par Ottawa, les aéroports de toutes les régions du Québec sont menacés

LETTRE OUVERTE / Les aéroports de toutes tailles, au Québec et au Canada, connaissent des difficultés financières sans précédent. Les limitations de voyage que nous connaissons en raison de la COVID-19 ont été dévastatrices. Les services aériens au Québec ont diminué de plus de 90 % en avril et mai 2020. Aucune amélioration réelle n’est en vue. À l’échelle nationale, le nombre de passagers diminuera de 75 % d’ici la fin de 2020 et de plus de 65 % en 2021. Ce qui reste du secteur de l’aviation prendra des années à se rétablir.

Les auteurs de cette lettre sont Romain Girard, directeur général du Réseau québécois des aéroports, et Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada

Sans soutien financier immédiat du gouvernement fédéral, beaucoup de nos aéroports réduiront, voire cesseront leurs activités. La situation est critique. Plusieurs aéroports régionaux et locaux dépendent des municipalités. Or, la réduction importante des vols réguliers, mais aussi de toutes les activités de nolisement et des vols d’affaires, a mené à une réduction majeure des revenus. Résultat : les coûts de financement des aéroports et du maintien des opérations qui étaient déjà élevés sont maintenant devenus exorbitants.

Certains aéroports estiment qu’ils ne seront pas en mesure notamment d’assurer les frais de déneigement des pistes, cet hiver. Et l’hiver est à nos portes.

Les services régionaux sont décimés et les effets se font déjà sentir.

Un aéroport dans une communauté, c’est un moteur économique autour duquel gravitent des emplois, c’est une voie sur le monde pour le commerce et le tourisme. Un aéroport, c’est aussi des services essentiels, notamment pour les évacuations médicales.

Et pourtant, les aéroports québécois n’ont reçu aucune aide directe d’Ottawa, si ce n’est un allègement des loyers jusqu’à la fin de 2020 pour les aéroports de Montréal et de Québec, et un certain soutien direct pour le maintien de services aériens pour des communautés non reliées au réseau routier. Pourtant, de l’autre côté de la frontière, les aéroports américains ont reçu 10 milliards de dollars de subventions et 10 autres milliards de dollars sont à venir.

Pour assurer la relance durable des aéroports, le gouvernement du Canada doit agir maintenant. Depuis des mois, le Réseau québécois des aéroports et le Conseil des aéroports du Canada proposent plusieurs actions simples, temporaires, raisonnables et essentielles au bien-être de nos communautés, que ce soit un allègement prolongé du loyer, un accès à des subventions ou à des prêts pour assurer le maintien des équipements et des activités. Dans le récent discours du Trône, le gouvernement fédéral dit vouloir prendre des mesures pour aider le transport aérien régional et les voyages; nous espérons que les besoins spécifiques des aéroports partout au pays ne soient pas oubliés dans ces initiatives. Nous souhaitons surtout que l’aide arrive rapidement.

La santé de l’ensemble du système de transport aérien est non seulement essentielle pour servir les collectivités et les Québécois pendant cette crise, mais aussi pour préserver notre capacité de soutenir la relance économique régionale plus que jamais indispensable.

Il est urgent de faire bouger les choses et d’obtenir le soutien dont nos aéroports et nos communautés ont besoin pour survivre.