Où est notre indépendance?

OPINION / Pourquoi, gens du Saguenay Lac-Saint-Jean, sommes-nous rendus aussi trouillards et sans défense ?

Pourquoi ne sommes-nous plus capables de décider ce qui est bon pour nous ?

Sommes-nous rendus trop influencés par les réseaux sociaux qui annoncent n’importe quoi sans fondement ?

Aujourd’hui, je me sens inactuel. Je ne suis plus à l’aise de vivre dans la plus belle région du Québec. Je ne retrouve plus notre fierté qui a donné à cette province ses meilleurs dirigeants.

Aujourd’hui, je sens que tout mon entourage se fait influencer trop facilement par n’importe qui. Je ne vois plus les mêmes personnes qui, par des discussions souvent viriles, obtenaient des consensus pour le bien de tous. Non, tout ce que je vois, ce sont des personnes qui prétendent toutes connaître la vérité sur les différents sujets. Je suis et j’ai toujours été une personne impliquée pour ma région. Cependant, je n’ai pas senti le besoin d’adhérer au groupe Je crois en ma région, car j’ai toujours préféré être libre de mes opinions sans me sentir muselé.

Néanmoins, je constate que notre région va passer à côté de grandes opportunités en se laissant biaiser. Les gens ne font plus confiance aux organismes que nous avons mis en place, comme le BAPE, pour nous protéger. Notre région ne se rend pas compte que son indifférence envers ces projets risque de faire peur aux investisseurs futurs.

Nous avons eu sur la table au cours des quatre dernières années trois gros projets. Ces projets ont tous été contestés. Mais qui contestent ces projets ?

Malencontreusement, ces projets sont contestés en grande partie par des gens extérieurs à notre région. Prioritairement, ce sont des gourous du Plateau-Mont-Royal qui agissent comme des maîtres à penser et qui affirment détenir la vérité. Leur but est de contrôler ou d’influencer la pensée et les choix des autres personnes. Ils se foutent complètement du développement de notre région.

Pour bien se faire comprendre dans le dossier de GNL Québec, ils nous ont dépêché en mission une délégation de personnes en coton ouaté pour nous faire peur et pour nous expliquer que l’enfer est à nos portes si nous acceptons ce projet et que seul le diable va s’enrichir.

En écrivant ces lignes, je me suis permis un petit retour dans mon passé. Je m’imaginais devant mon assemblée générale dans le cadre d’une négociation expliquant aux travailleurs que la meilleure demande que nous devrions adresser à PFR serait de fermer une machine à papier dans le but de diminuer les émissions de GES. Je ne suis vraiment pas certain que cette demande aurait été accueillie favorablement dans notre région.

Pour conclure, je suis optimiste que notre région est encore capable de se ressaisir et de juger elle-même de son avenir. Comme le disait si bien M. St-Hilaire, il ne faut pas nous prendre pour des Pogos.

Raynald Lapointe

Alma

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DÉÇU PAR L'UQAC

Les autorités de l’UQAC me déçoivent beaucoup par les temps qui courent. Ayant œuvré avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté pendant 25 ans dans ce haut lieu de la science et de la connaissance, je suis à la fois gêné et très surpris de leur décision d’accepter de participer à l’offre de chaire interuniversitaire de GNL Québec. Cela m’amène à constater, une fois de plus, la puissance incroyable de l’argent qui permet de tout acheter, même l’acceptabilité sociale des gens de notre belle région qui n’a pas besoin de ce fameux gaz extrait selon la méthode très polluante de fracturation hydraulique.

Je profite de l’occasion pour féliciter chaleureusement le professeur de sciences politiques, Michel Roche, pour le courage et l’aplomb qu’il a manifestés dans son excellent article paru dans les pages du Quotidien le mercredi 12 février, intitulé Le projet GNL et le risque d’instrumentalisation des universités. C’est à lire et à relire !

Permettez-moi, une fois de plus, d’inviter la population régionale, en particulier les jeunes et les étudiants, à l’instar de la Coalition Fjord, à se lever avant qu’il ne soit trop tard.

Florent Villeneuve

Chicoutimi