Oiseaux migrateurs

OPINION / Madame Laura Lévesque, J’ai exactement les mêmes sentiments que vous lorsque je vois une grande partie des retraités, le plus souvent de jeunes retraités, se pousser au Sud lorsque l’hiver montre le bout du nez. Vous exprimez d’ailleurs très bien votre opinion, en l’émaillant d’images percutantes.

Cependant, je serais beaucoup plus sévère que vous, si j’avais à légiférer sur la question. Pour moi, ce serait un mois à l’extérieur du pays, pas plus. Au terme de cette période, plus de couverture du service de santé, plus de sécurité de la vieillesse non plus.

À moi comme à vous, les oiseaux migrateurs servent l’argument que ce qu’ils ont gagné leur appartient et qu’ils peuvent en faire ce qu’ils veulent. C’est là une hérésie, de mon point de vue. Ce qu’ils possèdent, c’est ce que leur société leur a permis d’accumuler, souvent en leur donnant accès à des fonds de pension généreux et en leur offrant des emplois avantageux en terme salarial. 

Vous aurez d’ailleurs remarqué que ce ne sont pas ceux qui ont œuvré toute leur vie au salaire minimum qui s’exilent six mois par année ; ce sont les mieux nantis. Or, dans mon éthique à moi, mieux on a été traité, plus on a de devoirs envers sa communauté.

Évidemment, ceux qui vont enrichir de leurs économies un autre pays que le leur constituent une ruine pour leur nation d’origine. Il s’agit quand même d’une fuite de capitaux non négligeable. Et c’est coûteux, de vivre à deux endroits différents.

Mais il y a plus encore. Lorsqu’on prend sa retraite, on n’est pas au bout de son énergie. Il y a plein d’œuvres communautaires qui se cherchent des bénévoles ou qui sollicitent des donateurs. Les si jeunes retraités d’aujourd’hui, au fond, constituent une force de travail non négligeable qu’on laisse filer en toute insouciance pendant les périodes où les besoins sont les plus vifs.

Quatre mois ou six dans un même coin de pays, c’est pareil, selon moi. Ce n’est quand même plus du tourisme. Et ce n’est certainement pas non plus de l’engagement humanitaire. C’est de l’émigration. Et j’abonde dans le même sens que vous, les oiseaux migrateurs ne devraient pas revenir. Qu’ils adoptent la citoyenneté américaine, avec ses avantages et inconvénients. Autrement, pour le dire dans la langue de la ferme, ils mangent à tous les râteliers.

Clément Martel

Chicoutimi

Comme un 2 par 4

OPINION / En réponse à M. Jean-Pierre Vallée de Trois-Rivières et sa pinte de 20 onces (Carrefour des lecteurs, 23 avril). 

Une série dramatique à la télévision de 30 minutes contient 18 minutes de contenu dramatique et le reste en publicité. Une poutrelle de 2 par 4 mesure en réalité 1,5 pouce par 3,5 pouces. On a passé la poutrelle dans un planeur pour qu’elle soit lisse. Quand on dit que le journal a consacré une page entière à telle ou telle nouvelle, il se peut que ce soit en réalité une demi-page, le reste étant occupé par de la publicité. 

Il s’agit d’un format, c’est-à-dire une convention tacite proposée par le fournisseur et acceptée par le consommateur pour désigner un produit quelconque. 

Ainsi, si un tenancier de bar propose à ses clients le format « pinte » pour désigner un verre de 20 onces et que le client accepte la chose, il se peut que cela devienne un format et que ce soit aussi légal qu’un 2 par 4 de 1,5 pouce par 3,5 pouces. 

La notion de format sert à faciliter la dénomination des produits et non à duper le consommateur.

Bernard Villeneuve

Dolbeau-Mistassini

Il faut se réjouir

OPINION / Les propos de madame Manon Girard, candidate de Québec solidaire à Alma, m’ont interpellé. L’austérité du Parti libéral des dernières années a détruit le Québec, prétend-elle. Mais parbleu, quelle sottise ! Le parti au pouvoir du temps (PQ) avait un déficit de 3 milliards, plus 875 millions non comptabilisés, et cela sans aucun plan de relance. 

Nous ne pouvons pas être en déficit tout le temps sans des conséquences néfastes. La décote du Québec était dans la mire des agences de notation. Heureusement, le Parti libéral a gagné les élections et a rétabli les finances publiques. Pourquoi ne pas s’en réjouir ? 

Nous sommes sortis des dettes sans éloigner les investisseurs, ce n’est pas une bonne chose ça ? Il fallait couper dans le gras dans le domaine de la santé qui gruge 30 milliards de dépenses par année. (...) 

En passant, pour répondre à M. Marcel Lapointe, ce n’est pas Trudeau père et le ROC qui ont détruit Meech, mais Clyde Wells, premier ministre de Terre-Neuve, et Elija Harper, député de l’Ouest. La première condition était la reconnaissance du Québec comme entité distincte. Nous l’avons obtenue depuis, par l’ancien premier ministre Harper. Le reste, nous l’avons déjà. Il reste à s’unir intelligemment pour faire croître notre pays ; il ne faut pas lutter à l’intérieur, mais contre les gros pays exportateurs comme la Chine. Nous sommes indépendants dans une fédération libre, il nous faut l’exploiter. Vive le Québec libre dans une fédération libre.

André Tremblay

Saguenay