Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Nous voulons tous le meilleur !

Carrefour des lecteurs
Carrefour des lecteurs
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
OPINION / Les réactions sont vives dans notre région depuis le dépôt du rapport du BAPE sur le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay. Cependant, au-delà des positions contradictoires, nous souhaitons toutes et tous le meilleur pour notre région. Le problème, c’est que le « meilleur » n’est pas le même selon l’échelle de temps que l’on utilise pour l’évaluer.

Par Anne-Marie Chapleau, citoyenne de Jonquière et mère au front

À très court terme, les emplois qui seraient créés pendant la phase de construction de l’usine semblent très alléchants. Qui ne voudrait pas que des emplois soient créés chez nous ? Cependant, ces emplois font-ils le poids par rapport à ce qui se passera ensuite ?

Quand l’usine entrerait en fonction, ce ne serait plus notre région qui en profiterait vraiment, mais plutôt les entreprises qui, dans l’Ouest canadien, extrairaient le gaz au profit de leurs grands actionnaires américains. Et si l’on regarde un peu plus loin encore dans le temps ? Ou bien nous serions pris avec un éléphant blanc qui défigurerait nos paysages parce que les marchés pour les GNL ne seraient pas ou plus au rendez-vous, ou bien nous alimenterions un système qui saboterait nos efforts pour atteindre la carboneutralité et qui détournerait notre précieuse hydroélectricité d’usages bien plus profitables pour le Québec.

Et pourquoi cette histoire de carboneutralité est-elle si importante ? Parce que, selon un consensus scientifique massif, nous nous dirigeons vers un réchauffement climatique aux conséquences absolument désastreuses. Déjà, nous savons que nos enfants et petits-enfants ne vivront pas dans le monde que nous, leurs aînés, avons connu. Encore faut-il qu’il leur reste au moins un monde viable. Je me réjouis des voix de plus en plus nombreuses qui s’élèvent du milieu politique pour dire « non à ce projet » : depuis longtemps, celle du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et celle de Québec solidaire, et même maintenant celle du Parti libéral du Québec. Il reste au gouvernement québécois à faire ce que la sagesse impose : refuser le projet !