Nous brassons au Québec

OPINION / Il y a quelques jours, Le Quotidien publiait un article intitulé « Front commun des microbrasseries », dans lequel on lisait le souhait de ces dernières de pouvoir vendre leurs produits dans les festivals de la région. Une prétention bien compréhensible. Cependant, malgré la curiosité pour les bières de microbrasseries, 90 % des bières consommées au Québec sont celles des grands brasseurs. Il est donc difficile de s’étonner qu’un grand événement veuille vendre nos produits.

Néanmoins, ce qui ressort également de cet article, c’est la sempiternelle volonté qu’ont certains d’opposer grands brasseurs et microbrasseries. Pourtant, tous les brasseurs de bière de la province font partie d’un seul et même écosystème : celui de l’industrie brassicole du Québec. Les microbrasseries ont des particularités propres qui les définissent et qui n’appartiennent qu’à eux, idem pour les trois grands brasseurs.

À l’Association des brasseurs du Québec, dont les membres sont Labatt, Molson Coors et Sleeman, on entend souvent parler de ces derniers comme des compagnies étrangères fabriquant des produits importés. À tort : la grande majorité de leurs produits sont brassés ici. Surpris ?

En effet, que vous pensiez à une Budweiser, une Coors Light, une Blanche de Chambly, une Rickard’s, une Sleeman Draught, une Belgian Moon ou un Cooler, PalmBay, tous ces produits (et bien d’autres !) sont brassés au Québec, par et pour les gens d’ici.

Résultats : des retombées d’un milliard de dollars par année dans la province, des contrats d’une valeur de plusieurs millions $ à la soixantaine de fournisseurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, plusieurs centaines d’emplois directs et indirects dans la région, trois centres administratifs (deux à Chicoutimi, un à Alma), et des salaires défiant toute concurrence.

Ensemble, les trois grands brasseurs cumulent 537 années d’expertise en sol québécois, et il serait frivole d’oublier à quel point leur histoire est intimement liée au développement du Québec d’hier et d’aujourd’hui. Il est grand temps de reconnaître le travail des grands brasseurs à leur juste valeur. Des valeurs québécoises, y compris celle voulant que le commerce de la bière soit un écosystème dans lequel les joueurs peuvent cohabiter harmonieusement. Santé et bon été !

Patrice Léger Bourgoin

Directeur général

Association des brasseurs du Québec

+ RETROUVONS NOTRE FIERTÉ

Je ne vais jamais au Party des années 80. Je n’ai pas cette fibre nostalgique. Comme dirait si bien ma sœur : « Pour moi, le passé est un lieu de référence, non un lieu de résidence . »

Je ne revivrais pas les années 80, mais il y a une chose que j’aimerais retrouver de cette époque, mais en mieux, une version 2018.

Souvenez-vous, à l’époque, le bruit circulait que les grandes entreprises venaient tester les nouveaux produits ici, à Saguenay. La rumeur voulait que si un produit était adopté à Saguenay, il pouvait l’être ailleurs. Du coup, notre éloignement des grands centres se trouvait amoindri et nous tirions une certaine fierté d’être une ville laboratoire, à l’avant-garde des tendances.

Ce que je vous raconte là est bien entendu difficilement vérifiable, surtout à cette époque pré-Internet où les sources d’informations étaient souvent peu crédibles (heureusement, les choses ont changé depuis #Sarcasme #FakeNews). Quoi qu’il en soit, ce qui est important à retenir, c’est que nous devrions travailler à retrouver ce sentiment de fierté en devenant une ville innovante.

Une ville qui innove, mouture Saguenay 2018. Il est temps de créer ici des idées, des concepts, des projets, des modes, de nouvelles façons de faire, etc. Nous avons ici les ressources et les talents nécessaires pour y arriver (je le sais, je travaille dans une entreprise de Saguenay qui est citée comme un exemple en innovation au Québec). Il ne reste maintenant qu’à se relever les manches et à se mettre au boulot. Pour ça, il va falloir collectivement passer en mode solution. Un bon exemple, si vous ne le connaissez pas déjà, est le projet « Je fais Montréal ». Allez y jeter un coup d’œil. Et ces solutions aux enjeux que nous vivons tous, c’est ensemble que nous devons les trouver. Il faut arrêter de penser que nos élus ont toutes les réponses, même eux ne le pensent pas ! Arrêtons également de considérer que tout devrait être parfait dès le début. Entrons plutôt dans un processus d’innovation et acceptons qu’il ne soit pas parfait dès le début et que nous procédions parfois par essai-erreur. La seule option qui n’est plus envisageable selon moi, en ce moment-ci de notre histoire, c’est l’inaction.

Pour y arriver, devenons des citoyens impliqués dans leur communauté. Devenons le changement que nous espérons voir se produire.

Comme Saguenéens, nous avons développé un gros bon sens naturel, de la résilience et surtout un côté tricoté serré qui nous a permis de survivre et de prospérer jusqu’ici dans une région nordique et éloignée des grands centres. Assurons-nous maintenant un avenir en favorisant l’émergence de notre intelligence collective. Mettons en place des mécanismes d’innovation ouverts afin que le plus de gens possible puissent s’exprimer, apporter leurs idées et trouver des solutions aux enjeux de notre ville et qui nous touchent tous d’une façon ou d’une autre.

Retrouvons cette fierté, devenons un modèle de ville intelligente et innovante en nous impliquant à développer des projets qui nous ressemblent et surtout qui nous rassemblent.

Jean Duplain

Membre regroupement SaguenayVi