Notre monde s’humanise

En dépit des trop nombreux actes de barbarie qui sévissent sur la planète, de nombreux signes démontrent que le monde s’humanise.

La sentence du juge Charles Huot au procès d’A. Bissonnette en est un. Avant d’en parler, énumérons quelques-uns de ces signes. Une sensibilité plus réactive aux humiliations et aux injustices que le pouvoir masculin a fait subir aux femmes et une volonté de réparer. La conscience de nos contemporaines de la valeur de leur identité comme être-femme, et la reconnaissance que leurs forces vitales sont différentes de celles des mâles, mais qu’elles ne leur sont pas du tout inférieures. Le mouvement « metoo » qui a permis à des millions de femmes de sortir d’un silence accablant et l’accueil, même frileux, de leur dénonciation. La souffrance des enfants abusés enfin entendue et le refus de laisser les abuseurs sur leur piédestal. Le nombre grandissant de personnes qui entendent les cris d’alarme des scientifiques et qui posent des gestes pour permettre à la terre de se renouveler. La lutte contre les fausses vérités, les injustices, les abus de pouvoir. L’abolition de la peine de mort dans de nombreux pays. La diminution statistiquement démontrée qu’il y a moins de violence que dans les siècles passés. Les dialogues entre les peuples et le recours à des instances supérieures pour régler des conflits, plutôt que d’échanger des coups de gourdin. Bien d’autres signes encore.

Le refus du juge Charles Huot d’imposer des peines consécutives, six fois 25 ans, pour chacune des malheureuses victimes de la mosquée de Québec nous élève dans l’humanité, car elle nous sort de l’antique loi : œil pour œil, dent pour dent. Malgré les protestations bien légitimes des parents Bissonnette, le jugement est humain, comme le souligne Mustapha Elayoubi dans le Progrès de samedi. La sentence reconnait l’horreur du geste insensé, la possibilité d’une récidive, la nécessité de punir pour dissuader, la colère et le désir de réparation des victimes… Elle reconnaît aussi en Bissonnette sa fragilité, sa souffrance pour les rejets subis, son repentir et son potentiel pour s’élever dans la conscience. Comme l’écrit le juge Huot, elle lui donne la chance : de regagner cette part d’humanité et de dignité qu’il a laissée derrière lui ce 29 janvier 2017. Et ainsi, de démontrer qu’il est beaucoup plus que l’auteur d’un geste barbare. Dans cette sentence la raison triomphe des passions, une certaine indulgence l’emporte sur la vengeance et un élan vers l’avant sur le statu quo. Ces valeurs de plus en plus partagées sont réjouissantes. Elles nous révèlent que le monde passe d’une déshumanisation menant au chaos à une humanisation vers plus de conscience.

Robert Gaudin,

St-David-de–Falardeau

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VILLE DE SAGUENAY, LE BON NOM ? 

Un processus de consultation inapproprié a conduit 28,9 % des électeurs inscrits (52,5 % de ceux qui ont voté) à opter pour le nom Saguenay pour désigner cette nouvelle ville issue de la fusion, en 2002, de 7 municipalités du Haut-Saguenay. Un sondage en ligne effectué par le Mouvement Chicoutimi, en novembre et décembre dernier, révèle que 73 % des répondants (670) de l’arrondissement de Chicoutimi et 62 % des répondants (503) résidant ailleurs, au et hors Québec, estiment qu’il était inapproprié que l’administration municipale opte pour une consultation populaire sans avoir préalablement tenu des audiences publiques pilotées par une commission, ce qui aurait permis aux électeurs d’être mieux informés avant de faire leur choix. En contrepartie, le % de ceux qui sont de cet avis tombe à 35 % des répondants (71) dans l’arrondissement de La Baie et à 20 % des répondants (349) à Jonquière.

Il faut dire que la décision de choisir le nom de la ville en tenant une consultation populaire ne fut que l’aboutissement d’une série de vices de procédure dont nous vous entretiendrons sous peu. Tenir la population ignorante de la valeur toponymique et patrimoniale des noms Saguenay et Chicoutimi, s’appuyer sur le fort sentiment identitaire qui habitait et qui habite encore la population des anciennes municipalités, - « tout sauf Chicoutimi », dans le cas des arrondissements de La Baie et Jonquière-, ne pouvait que faire l’affaire de ceux qui tenaient absolument à la fusion dont l’adhésion était très incertaine à La Baie et à Jonquière. Le faible pourcentage de participation pour un sujet si important et le très faible écart (52,0 % contre 47, 5 %) aurait dû inciter les élus municipaux à la prudence avant d’approuver ce verdict populaire. D’ailleurs, certains dirigeants du comité pour le nom Saguenay m’ont affirmé que ce n’était qu’une affaire politique.

Les réponses des 1668 personnes qui se sont exprimées illustrent clairement que le nom « Saguenay », seize ans plus tard, ne fait pas l’unanimité auprès de la population, d’ici et d’ailleurs au Québec, sur plusieurs aspects, notamment sur l’utilisation quotidienne du nom, sa juste représentation du caractère identitaire et historique des municipalités concernées et les différences notables d’adhésion entre les résidants des trois arrondissements de Saguenay.

Il indique également la méconnaissance de la population à l’égard de notre histoire régionale. D’où la nécessité qu’il y avait de donner aux électeurs plus d’information sur la valeur respective des noms Saguenay et Chicoutimi pour désigner cette nouvelle ville.

Le déroulement des événements en 2002 et le sondage nous amènent à des constats non équivoques qui confirment la légitimité de l’organisme pour proposer la reprise du processus de sélection de 2002. Par ailleurs, suite à une vérification exhaustive, la ville de Saguenay est la seule des villes issues des fusions de 2002 et de 1974 qui ne porte pas le nom d’une des villes fusionnées, à l’exception de La Baie, aujourd’hui un arrondissement.

Le Mouvement Chicoutimi publiera prochainement sa position officielle qu’il entend soumettre au conseil municipal comme solution définitive pour vider cette question du nom de la Ville.

Les résultats du sondage sont disponibles sur notre site web : https ://mouvement-chicoutimi.com

Jacques Pelletier, président

Mouvement Chicoutimi