Notre contribution, ça compte !

Monsieur Couillard, nous sommes des travailleurs saisonniers. Nous aimons notre métier et nous sommes fiers de l'exercer en contribuant à l'économie de notre communauté, de notre région et du Québec. On a clairement besoin de votre appui, et celui de votre gouvernement, pour que cette contribution soit reconnue.
D'abord, il faut crever un abcès. Comment faire pour changer le préjugé, malheureusement encore trop répandu, à l'effet que la majorité des travailleurs saisonniers ont choisi ce mode de vie pour profiter avec nonchalance de mois sur le chômage ? C'est tout aussi aberrant et faux de dire que tous les fonctionnaires se traînent les pieds ou que tous les politiciens sont des menteurs ! Les Québécois ont besoin d'entendre de votre part, et de celle de votre gouvernement, que nous sommes des gens vaillants, passionnés, compétents et qui occupons des emplois essentiels, pas seulement dans les régions éloignées, mais aussi dans les grands centres urbains. Sans nous et les services que nous rendons dans de nombreux maillons de l'économie, c'est plusieurs chaînes de valeur qui se brisent ! Nous contribuons aussi à l'occupation dynamique du territoire et à la cohésion sociale.
Nous n'acceptons pas que nos emplois soient considérés de deuxième ordre. C'est pourtant le cas dans plusieurs programmes gouvernementaux actuels qui cotent la qualité d'un emploi en fonction de sa durée au cours d'une année. Ceci donne lieu à des aberrations puisqu'on nous encourage parfois à quitter le métier que nous avons choisi et pour lequel nous sommes formés. Cela démontre qu'il n'y a aucune considération pour les métiers saisonniers durables que nous exerçons.
Nous avons choisi notre métier par intérêt et passion, donc nous acceptons les compromis à faire, incluant ceux qui affectent notre vie familiale, entre autres quand nous devons doubler et tripler nos efforts en haute saison. Nous aimons notre emploi et ne demandons pas mieux que de le prolonger le plus longtemps possible pendant l'année, par de la formation, du jumelage d'entreprises, de l'aménagement de notre temps de travail ou d'autres formules à imaginer. Mais pour ça, on a besoin de votre aide. Nous faisons appel à votre vision d'avenir inclusive pour tout le Québec, vous pouvez faire bouger les choses.
Vous organisez, en février prochain, un grand Rendez-vous national sur la main d'oeuvre. Nous nous attendons à ce que lors de cet évènement, et dans les mesures d'appui que votre gouvernement adoptera dorénavant, l'emploi saisonnier soit valorisé et reconnu. C'est une question d'équité, de cohérence et même de stratégie pour le développement économique du Québec. On est là, on fait notre part, et on compte !
Daniel Capistran, Chef d'équipe à l'expérience du visiteur
Catherine C. Lacoste, horticultrice
Julie Desbiens et Frédéric Martineau, techniciens de la faune
Nicholas Landry, guide accompagnateur
Louis Vincent Nemorin, cueilleur
Marcus Ouellette, débroussailleur