Non à la drogue pour tout le monde

OPINION / Le résultat des dernières élections fédérales laisse croire aux libéraux qu’ils ont reçu le mandat de légaliser le cannabis. Ce n’est pas le cas, car dans le système électoral actuel, les électeurs ne votent pas pour un projet en particulier, ils votent pour un candidat. Les candidats étant élus pour différentes raisons, il faut s’assurer de l’acceptabilité sociale des projets. Cela a été fait pour le projet de changer le mode de scrutin. C’est un exemple et une explication de promesse électorale non tenue.

À la lumière d’une dizaine d’articles parus récemment dans Le Nouvelliste au sujet de la légalisation du cannabis, les élus qui appuient le projet de loi C-45 font passer l’argent avant la santé et la sécurité des Canadiens. Ils n’ont vraisemblablement pas vérifié si l’acceptabilité sociale était au rendez-vous, comme en témoigne la liste des nouveaux problèmes sociaux et environnementaux liés à la réalisation de ce projet. 

La légalisation du cannabis entraîne de nouvelles obligations de la part des gouvernements, des institutions, des employeurs, etc. L’application du projet doit être encadrée à cause des risques pour la santé, la sécurité, l’intégrité physique et l’affaiblissement des facultés des consommateurs. 

L’État doit prendre des mesures pour que le marché criminel n’entre pas par la porte d’en arrière. La FCSQ, la FCPQ et les maires de la région demandent une interdiction de consommer du cannabis sur la place publique.

Les décideurs sont-ils des irresponsables qui imitent la pègre en offrant de la drogue à tout le monde ? Ils devraient au moins tirer profit de l’expérience des Pays-Bas. On se rend compte là-bas que le cannabis n’est pas une drogue douce avec un taux de THC pouvant s’élever jusqu’à 30 %. Le gouvernement a tenté d’imposer une limite de concentration de THC, mais il a échoué parce que le lobby du cannabis est devenu trop puissant.

Tant qu’à imiter la pègre, vaudrait mieux le faire sur le plan organisationnel que sur le plan financier. La pègre est efficace partout dans le monde parce que les membres qui ne suivent pas les règles s’exposent à de graves problèmes pouvant aller jusqu’à la mort. Cependant, à cause de la Charte des droits et libertés, cette approche ne peut pas être retenue par le gouvernement canadien pour égaliser les chances de victoire dans son combat avec la pègre. 

Quant à la solution de déranger tout le monde avec la légalisation du cannabis, en luttant vainement contre la pègre, aux dépens de la santé et de la sécurité des Canadiens, elle est carrément inacceptable.

L’interdiction de consommer du cannabis à des fins récréatives s’impose, comme en font preuve les Forces canadiennes, qui la prônent pour raisons médicales. Le parti libéral a été capable d’abandonner sa promesse électorale concernant le mode de scrutin, il est encore temps pour lui d’éviter l’irréparable en abandonnant la légalisation du cannabis à des fins récréatives.

Michel Chorel

Batiscan