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Non à la « démocrassie »

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Je désire m’exprimer sur la controverse concernant un alléchant montant de plus d’un demi-million de dollars déposé dans le compte bancaire de Saguenay par Hydro-Québec au profit des Jonquiérois, à laquelle, le 27 janvier dernier, un lecteur d’opinion a ajouté son point de vue dans Le Quotidien (Quand on veut tuer un projet). Il s’agit d’une compensation pour des travaux de ligne électrique provinciale exécutés par Hydro sur le territoire de Jonquière ; lui-même faisant partie de Saguenay.

Par Marcel Lapointe, Jonquière

Selon le citoyen de Saguenay et ex-chef de cabinet de l’ex-maire Jean Tremblay, Richard Banford, la mairesse Josée Néron aurait refusé, ce qui est totalement faux, le projet de réalité numérique augmentée (en passant, quelle différence avec une réalité numérique normale ?) mis sur la table du conseil d’arrondissement de Jonquière par sa présidente Julie Dufour et adopté à majorité ; mais sans qu’il ait eu ne serait-ce qu’un zest de consultation de la population.

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Or, une des conditions imposées par Hydro, hormis celle de réserver le projet à l’arrondissement de Jonquière, est celle d’une consultation populaire.

Ayant bien saisi le message, le conseiller Jean-Marc Crevier et la mairesse se sont inscrits en faux devant cette décision en rase-mottes de cinq élus Jonquiérois sur six permettant d’éviter de consulter la population et de faire avaliser leur projet par le grand conseil. Il s’est agi d’une petite leçon de démocratie 101 donnée à des élus peu enclins à écouter le peuple. À cet égard, il y a peut-être d’autres projets que des citoyens pourraient proposer ; après tout, l’argent d’Hydro-Québec, c’est bien l’argent du peuple, non ?

Qu’est-ce qui presse tant ? La société d’État n’a pas donné d’échéance pour dépenser l’argent, mais tient à ce que les citoyens soient consultés. Moi, à titre de citoyen de l’arrondissement de Jonquière, je n’ai jamais encore été consulté là-dessus et je tiens à l’être. Et s’il en est, j’aimerais en savoir davantage sur le projet de réalité numérique augmentée. Cela m’intéresse.

Mais quelle mouche a bien pu piquer Richard Banford pour qu’il s’en prenne ainsi à ce procédé fondamental de notre démocratie qu’est la consultation populaire ? D’autant qu’il se contredit dans sa propre lettre, à savoir que d’une part, la consultation tuerait les projets, mais que d’autre part, la consultation aurait raison de la mairesse dans moins d’un an. Consultation électorale aux quatre ans, oui ; consultation en cours de mandat, non.

Pourquoi monsieur Banford présente-t-il cette notion de consultation à géométrie variable ? Poser la question, c’est y répondre.