Félix Leclerc à son arrivée à l'aéroport de Dorval en janvier 1969

Ne touchons plus à Félix de cette façon!

OPINION / J’ai appris, mais semble-t-il un peu plus tard que tout le monde, que Félix Leclerc avait été censuré dans une école de Montréal. À tout le moins que son texte de la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme avait été retiré de l’étude d’une classe d’étudiants du primaire, à la suite de la demande formulée par un parent qui s’était plaint de la teneur trop ironique du texte de Félix Leclerc.

Moi, ce que je trouve le plus ironique dans cette affaire, c’est que des écoles du Québec porte le nom de notre grand auteur-compositeur et poète et voilà qu’on biffe, qu’on bafoue et qu’on rejette, du revers de la main, une de ses œuvres marquantes dans une école. Qu’on ne laisse même pas la chance à une enseignante de faire l’étude dudit texte de chanson à ses jeunes élèves. De mettre en contexte cette œuvre écrite pendant la Révolution tranquille. Qu’on ne laisse pas la chance, à cette enseignante, d’expliquer justement la grande satire et la symbolique de cette chanson de Félix Leclerc.

Du coup, on s’en prend à l’intelligence de ces enfants, en prétextant qu’ils ne sauraient pas faire la part des choses. 

Mais la meilleure façon de tuer l’imaginaire d’un enfant, c’est de l’empêcher de réfléchir, en lui fermant les yeux. 

De grâce, ne touchons plus à Félix Leclerc de cette façon.

Yvan Giguère

Saguenay