Naturel d'aider?

OPINION / Du 5 au 11 novembre, c’est la semaine nationale des proches aidants, qu’on appelle aussi les « aidants naturels », une réalité mal reconnue qui touche de nombreuses familles qui compromettent parfois leur propre santé pour aider ceux qu’ils aiment.

Pour les membres d’une famille, c’est naturel de s’aider les uns les autres. Créer un réseau de personnes qui se soutiennent mutuellement, qui se viennent en aide naturellement, c’est la fonction principale des familles. C’est dans la nature des choses.

Évidemment, c’est naturel de prendre soin de ses enfants. C’est une responsabilité qui vient avec le choix d’en faire. Mais, bien au-delà du sens du devoir, les parents se dévouent pour leurs enfants parce qu’ils les aiment profondément. Parce que dès qu’il vient au monde, l’enfant devient instantanément ce qu’il y a de plus précieux pour ses parents.

Pour la même raison, c’est naturel d’aider sa sœur, son frère, son cousin ou ses parents âgés. Parce que le lien qui unit les membres d’une famille n’est pas un lien de service. C’est un lien d’affection, d’amour véritable, qui fait en sorte que quand l’un des nôtres est dans le besoin, on ne se pose pas mille questions, on l’aide à la mesure de nos capacités.

Parce que c’est naturel de s’entraider dans une famille, le phénomène des proches aidants est mal reconnu dans la société. On le prend pour acquis, même si les études démontrent que le travail fourni par les proches aidants atteint une valeur de plusieurs milliards de dollars chaque année. Même si les proches aidants défraient eux-mêmes 80 % des coûts que représentent les soins donnés à leur proche malade, tel que le rapportait récemment l’ancienne ministre des Aînés Marguerite Blais. 

Ce qui n’est pas naturel, par contre, c’est l’épuisement qui guette presque tous les proches aidants aux prises avec des cas qui s’alourdissent.

Ce qui n’est pas naturel, c’est que la loi sur les normes du travail ne reconnaisse pas nommément les proches aidants dans ses dispositions sur les congés pour causes familiales ou parentales.

Ce qui n’est pas naturel, c’est la complexité de leurs interactions avec le système de santé, quand ils interviennent au nom du proche dont ils prennent soin, car on ne leur reconnaît aucun statut.

Ce qui n’est pas naturel, c’est qu’on croit souvent qu’il s’agit d’un phénomène marginal alors qu’il touche près du quart de la population, selon le Regroupement des aidants naturels du Québec. Qu’on pense qu’il concerne exclusivement les femmes, alors que 42 % des proches aidants sont des hommes, selon Statistique Canada.

Le soutien aux familles est une priorité pour le gouvernement Couillard. Dans son discours accompagnant le dernier remaniement ministériel, le premier ministre a prononcé 16 fois le mot « famille ». En conséquence, reconnaître les proches aidants et mettre en place des mesures de soutien adaptées à leur réalité devrait s’inscrire dans cette priorité. 

Raymond Villeneuve, président

Marie Rhéaume, directrice générale

Réseau pour un Québec Famille

Fière d’être Québécoise

OPINION / Dimanche soir, j’aurais pu me désoler du faible taux de participation de mes concitoyens. Nous oublions trop souvent à quel point nous sommes chanceux et surtout chanceuses de pouvoir aller voter librement sans contrainte ni menace. J’aurais pu aussi me désoler du fait qu’à la mairie de Saguenay, la représentation des femmes a diminué. Notre conseil municipal représente un peu moins sa population : peu de femmes, âge moyen assez élevé, aucun représentant des minorités.

Dimanche soir, j’ai plutôt décidé d’être fière. Fière de mes concitoyens qui se sont déplacés à travers le Québec, pour aller voter. Alors qu’à travers le monde on observe une montée de l’insolence et du mépris, plusieurs de mes concitoyens ont choisi l’ouverture, le respect et le dialogue, et ce, non seulement à Saguenay, mais ailleurs au Québec. Merci d’avoir mis à la porte l’arrogance, le manque de respect et, dans certains cas, la misogynie !

Line Bélanger,

Jonquière