Le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge

Monsieur Laberge, on vous surveille...

OPINION / Le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge, a participé, dernièrement, à un rendez-vous économique de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord, à titre de conférencier.

Question 1 : a-t-il dit la vérité quand il a parlé de 1000 bélugas dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent ? 

Réponse : non. En 2012, on comptait 900 individus dans le Saint-Laurent et depuis le début du siècle, on observe un lent déclin de l’espèce. Elle est en voie de disparition, selon Pêches et Océans Canada.

En 1980, aux dires de M. Laberge, autant de navires circulaient dans le fjord du Saguenay que le nombre prévu si les trois projets industriels GNL, Arianne Phosphate (AP) et Métaux BlackRock (MBR) deviennent, un jour, réalité. 

Question 2 : quelle était la grosseur de ces bateaux à comparer, par exemple, à celle des méthaniers de 300 mètres de long qui circuleraient dans le fjord ? 

Selon M. Laberge, présentement, les navires marchands ne seraient responsables que de 0,3 % des émissions de bruit dans l’embouchure du Saguenay. 

Question 3 : aujourd’hui, combien de ces navires circulent quotidiennement, entre Tadoussac et Port de Saguenay ? 

Question 4 : quel sera le pourcentage d’émission de bruit dans l’embouchure du Saguenay si les bateaux de GNL, AP et MBR viennent un jour à y circuler ? 

Une simple règle de trois que j’invite à faire le simplificateur que me semble être M. Laberge.

Question 5 : selon M. Laberge, un méthanier de 300 mètres de long n’a pas de misère à circuler dans le Saguenay. C’est donc dire qu’il en circule présentement dans le Saguenay ? Sinon, comment peut-il affirmer cela ?

Question 6 : selon M. Laberge, un méthanier est un navire de grande dimension parce que sa cargaison transportée est légère. Que faut-il comprendre de cette affirmation ? Du liquide, monsieur le directeur général de Port de Saguenay, ce n’est quand même pas des croustilles ou des Cracker Jack. Clarifiez, SVP.

En conclusion, avant que ne survienne la première pelletée de terre, est-ce trop demander au directeur général de Port de Saguenay et défenseur intéressé des projets industriels GNL, AP et MBR de faire preuve de transparence, de rigueur et d’objectivité, dans un débat aussi crucial pour l’avenir de la biodiversité et du bien commun patrimonial qu’est le fjord du Saguenay ?

Marcel Lapointe

Jonquière