Mise au point pour Arvida

Au cours des derniers jours, certains politiciens municipaux ont interpellé le premier ministre afin que celui-ci intervienne auprès de Rio Tinto. Nous apprécions l’intérêt porté pour l’avenir des installations, cependant ils craignent le pire pour les vieilles salles de cuves précuites d’Arvida, et ce, sans connaître ce qui se passe dans les détails.

Dans un premier temps, je veux préciser qu’en ce moment, à l’Usine Arvida, il y a six salles de cuves et dans chacune d’elles se trouvent 136 cuves qui ont une durée de vie d’environ 2000 jours.

Ça me fait sourciller d’entendre dans les différents médias que les salles de cuves sont fermées. Ce ne sont pas les salles de cuves qui ferment, mais bien les cuves en fin de cycle normal qui ne sont pas redémarrées pour le moment.

Depuis déjà plusieurs années, le Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida inc. s.l. 1937 Unifor travaille d’arrache-pied afin de protéger l’économie régionale avec les différents paliers gouvernementaux. Des discussions ont lieu sur une base régulière, avec Mme Laforest, ministre responsable de la région, afin de lui permettre de suivre l’évolution de la situation, et faire le lien avec le premier ministre. Les salles de cuves sont dans une situation précaire depuis plusieurs années. Des solutions ont été mises en place pour prolonger leur durée de vie. Rio Tinto peut les fermer selon la situation économique même si le gouvernement du Québec a fait l’extension du permis d’exploitation au-delà de 2014.

La situation économique actuelle, due à la pandémie mondiale, rend les choses encore plus précaires. Mais tous les efforts sont mis en place afin de diminuer les impacts. Le Syndicat travaille à les maintenir le plus longtemps possible pour permettre une transition vers les phases 2 et 3 d’AP-60 et ainsi sécuriser les emplois du Complexe Jonquière.

Donat Pearson, président, SNEAA s.l. 1937 Unifor

Notre Fête nationale, malgré tout !

Dans la foulée de la crise sanitaire qui perdure encore, hélas, nous connaîtrons une Fête nationale particulière. Une fête sans étreintes, sans poignées de mains chaleureuses, sans rassemblements. Qui plus est, nous serons fort probablement même pas en mesure de faire des feux de joie à cause des feux de forêt qui sévissent et de la présente canicule.

Connaîtrons-nous une fête nationale désincarnée? Je dirais non malgré tout. Car les Québécois et les Québécoises sont immunisés contre tous les obstacles qui se dressent devant eux, tant leur fibre identitaire et leur fierté sont grandes.

Je me souviens encore du grand spectacle de la Fête nationale de 1990 qui s’était déroulée sur l’île Saint-Hélène à Montréal. Il avait été reporté deux soirs d’affilés à cause de la pluie. Mais le troisième soir, le spectacle a eu lieu avec une foule impressionnante. J’y étais et cela en avait valu la peine. Les artistes sur scène s’étaient surpassés. Et en prime le discours patriotique avait été lu par nul autre que Jean Duceppe. Puis ce spectacle marquait le retour sur scène du grand Gilles Vigneault, après une longue absence. Il fut flamboyant lorsqu’il entonna sa chanson Tout le monde est malheureux. Voilà au final une fête nationale qui fut marquante.

Malgré l’absence d’un grand rassemblement chaleureux habituel de Québécois, le grand spectacle de la Fête nationale se déroulera cette année, le 23 juin, depuis l’Amphithéâtre de Trois-Rivières et sera capté par nos quatre chaînes de télévision : TVA, ICI-Radio-Canada Télé, V et Télé-Québec. Une première. Gageons que nos artistes de la chanson qui seront présents sur scène se surpasseront et que la magie opérera malgré les circonstances. Une charge émotive devrait ressortir de ce spectacle présenté en temps de pandémie.

Yvan Giguère, Saguenay