Mieux que du surplace

OPINION / Selon la chanson, « en ’67, tout était beau ». L’année de ma naissance. Cette magnifique époque où le Québec s’est réveillé après des décennies d’hibernation. Hibernation intellectuelle, hibernation industrielle, hibernation culturelle. C’était l’époque des rêveurs, mais des héros, aussi. Des bâtisseurs. Des gens qui ont rêvé et inventé un Québec jusqu’alors inimaginable.

Aujourd’hui, nous sommes face à un choix important. Celui de nous choisir un autre gouvernement. Cependant, force est de constater que nous sommes loin de cette époque de héros, de visionnaires, de grandes réalisations. Pendant les dernières décennies, on nous a proposé un projet comptable : il fallait que les chiffres balancent. Aujourd’hui, on nous balance une série de mesurettes pour faire face à notre avenir à la petite semaine. Je ne vois rien de bien inspirant dans ce qu’on nous propose. Personne pour nous dire que nous avons des défis sans précédent à relever. Et surtout, personne pour nous dire que nous avons tout pour les relever, ces défis. Imagination et créativité. Je ne sens pas ce courage dans le discours de nos chefs de parti. Pas de leader, pas de visionnaire. On préfère s’en tenir au lançage de boue, sur la qualité du français de l’une, sur les revenus de l’autre. C’est triste à regarder.

Comment en nous sommes venus là ? Personnellement, je pointe particulièrement notre mode de scrutin moyenâgeux. Il ne sert qu’une partie privilégiée de la population qui se permet de s’échanger le pouvoir pour un oui ou pour un non, pour du rouge ou pour du bleu. Rien pour attirer les visionnaires, les passionnés.

Mes concitoyens manifestent un profond désir de changement. Malheureusement, ce que je vois, c’est du changement, oui, mais pas nécessairement de l’amélioration. On change nos gougounes rouges pour des gougounes bleues, alors que ça nous prendrait des espadrilles. Peut-être allons-nous changer qu’une seule gougoune, avec un gouvernement minoritaire. Ça aussi, c’est bien triste à regarder.

Pendant les dernières années, plusieurs de nos leaders ont manifesté le désir de faire de la politique autrement. Mis à part ne plus applaudir pendant les débats de l’Assemblée nationale, rien n’a vraiment changé. Et le ministre libéral Gaétan Barrette est encore solidement en selle dans sa circonscription de La Pinière.

Cette classe politique, à mon avis, qui donne dans une pratique qui date d’un autre siècle, devra, presque malgré elle, changer ses façons de faire. Avec la réforme du mode de scrutin qui est mise de l’avant par tous les principaux partis sauf les libéraux, il faudra faire de la politique autrement. Oui, la répartition des sièges risque d’apporter son lot de gouvernements de coalition. Et non, la représentation des régions n’est pas en danger, contrairement à ceux qui continuent leur campagne de peur (voir les travaux du Mouvement démocratie nouvelle à ce sujet). Cependant, meilleure sera la représentation du Québec moderne dans notre parlement. Plus de diversité, meilleure représentation de chacun et de chacune d’entre nous, et de nos orientations politiques. Probablement que le Québec a besoin de beaucoup plus, mais finalement, c’est mieux que faire du surplace.

Line Bélanger

Jonquière

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UN ENJEU DONT IL FAUT PARLER

Nous sommes les membres du comité AVEC du Collectif pour un Québec sans pauvreté. La majorité d’entre nous sont en situation de pauvreté.

Nous constatons que la pauvreté prend peu de place dans la campagne électorale et nous craignons qu’elle continue d’être ignorée ensuite. Pourtant, elle a des impacts importants sur la vie d’un grand nombre de personnes. De plus, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres va en s’agrandissant, rendant la pauvreté encore plus révoltante.

La pauvreté coûte cher et brime plusieurs droits humains. La combattre serait payant pour toute la société. La pauvreté rend des gens malades, cause de la souffrance, rend difficile l’accès à l’éducation et nuit à la capacité des personnes qui la vivent de réaliser leurs légitimes aspirations. Elle empêche des citoyens et des citoyennes de contribuer pleinement à la société. Et toute personne a droit à la dignité, qu’elle travaille ou non.

On répond à des idées par des idées, et celles des personnes en situation de pauvreté sont trop peu entendues. Une société plus inclusive profiterait grandement des savoirs et des expériences souvent laissés de côté.

Nous vous invitons à visionner la vidéo Il faut parler de pauvreté , dans laquelle des personnes vous parlent de la pauvreté et de ses impacts. Et nous vous demandons de manifester votre intérêt face à ce grave problème afin de faire du Québec une société sans pauvreté et riche de tout son monde.

Les membres du Comité AVEC :

Michel Bellemare, Shawinigan

Jacques Deslauriers, Saint-Jean-de-Matha

Lyse Doré, Saint-Gervais

Nicole Ducharme, Montréal

France Fournier, Thetford Mines

Claudine Gagnon, Québec

Jean-Pierre Hétu, Rouyn-Noranda

Frédéric Mailhot, Montréal

Judith Morisson, Sorel-Tracy

Denis Morneau, Longueuil

Marie-Anne Paradis-Pelletier, Québec

Joan Tremblay, Saint-Hyacinthe

Noëlla Vincent, Alma