Michel Potvin doit changer de registre

OPINION / À un peu plus de 15 mois des prochaines élections municipales à Saguenay, les rumeurs de candidatures pour accéder à la mairie se font de plus en plus persistantes. Les noms de Serge Simard (l’ex-conseiller de La Baie et ex-ministre libéral), Dominic Gagnon (médecin) et Richard Martel (député conservateur fédéral) font déjà partie des conversations numériques.

On doit cependant en ajouter un autre: Michel Potvin, ex-candidat à la mairie et actuel conseiller municipal qu’on a promu au titre de gardien des finances de Saguenay. Potvin profite de toutes les tribunes pour défendre avec vigueur, mais pas toujours avec rigueur, les décisions de l’administration Néron.

Sa stratégie: mettre sur le compte de l’administration précédente l’inertie de la présente administration. Après trois ans au pouvoir, il nous parle encore de l’endettement créé par les conseils municipaux précédents.

Certes, l’administration Tremblay a réalisé des emprunts, mais ils se sont concrétisés en développement. Les barrages hydroélectriques sur la rivière Chicoutimi, qui rapportent désormais des millions à la Ville de Saguenay, le quai des bateaux de croisières et le village portuaire de La Baie, les pistes cyclables, le Palais des sports et la bibliothèque à Jonquière et bien d’autres comme le centre communautaire de Laterrière ou la maison des aînés à Shipshaw, et la liste pourrait s’étirer bien davantage.

En trois ans, M. Potvin soutient que son administration a réalisé des travaux dans les infrastructures de la ville; bien sûr, il s’agit là d’opérations normales prévues au budget des toutes les villes. Il dit avoir investi 80 millions $ dans les rues. Quatre-vingts millions $ en trois ans alors que la mairesse promettait de réaliser 40 kilomètres d’asphaltage par année, ce qui représente au moins 50 millions annuellement. Avec ses 80 millions $, M. Potvin est en déficit d’au moins 70 millions $.

Non, mais, après trois ans à la barre des finances de l’hôtel de ville, M. Potvin devrait lâcher prise sur l’ancienne administration et se concentrer sur des projets futurs afin que sa ville poursuive le développement amorcé dans les années de l’administration Tremblay. M. Potvin soutient que plusieurs projets sont en cours, mais on n’en connaît pas la structure financière pas plus que les échéanciers. Ce n’est rien de très convaincant pour quelqu’un qui aspire à diriger la métropole du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Richard Bandford

Ex-chef de cabinet de Jean Tremblay