Luc-Antoine Cauchon

Mettre fin à la dépendance

C'est avec surprise que j'ai pris connaissance des récentes conclusions du ministre fédéral Denis Lebel sur l'état des finances québécoises et ses solutions pour nous extirper de cette fâcheuse position. J'offre ici à M. Lebel des pistes de réflexions afin qu'il puisse dans l'avenir avoir tous les éléments en mains pour tirer des conclusions en phase avec la réalité et loin de la partisannerie.
Au sujet de la fameuse péréquation, il aurait dû mentionner que proportionnellement à sa population le Québec est la province qui en reçoit le moins juste après l'Ontario.
Les chiffres qu'il avance peuvent faire peur, mais lorsqu'on se demande si l'argent qu'on envoie à Ottawa nous revient entièrement, la réalité est surprenante. La compilation budgétaire du fédéral se fait proportionnellement au nombre de personnes qui habitent chaque province. Donc, le Québec, qui représente environ 23% de la population du Canada, reçoit, sur papier, environ 23% de l'enveloppe budgétaire. Jusqu'à maintenant cette logique affecte au Québec un surplus de transfert fédéral de plusieurs milliards comme l'affirme le ministre Lebel. Le problème est, qu'en réalité, le Québec est loin de recevoir 23% de l'enveloppe budgétaire.
Par exemple des 500 M$ en biens et services achetés annuellement seulement 12% le sont sur le territoire québécois tandis que sur papier c'est 23%.
Le Québec finance même la revitalisation du secteur riverain de Toronto qui a été glissé dans le budget du ministère des Finances. Nous pouvons aussi souligner plusieurs dépenses qui ne sont aucunement liées aux intérêts du Québec: toutes les subventions données aux sables bitumineux, au nucléaire et aux barrages hydro-électriques des maritimes, ainsi que les projets ponctuels comme la construction de navire de guerre pour une modique somme de 33 G$ qui n'aura aucune répercussion au Québec.
Pour mettre vraiment fin à la dépendance, je propose l'indépendance. Nous pourrions ainsi rationnaliser plusieurs dépenses comme le dédoublement des ministères et le budget militaire disproportionné du présent gouvernement. Dans les études les plus réalistes, provenant de sources crédibles, le Québec souverain aurait un surplus de 2 à 5G$. Non seulement nous aurions plus d'argent, mais nous serions en contrôle total de celui-ci
Pour ceux qui doutent des compétences de gestion du gouvernement québécois tout parti confondu, prenez note que le Québec gère mieux, dollar pour dollar, son argent que le Canada et même sous le présent gouvernement conservateur qui se targue d'être le champion de l'économie. Nous n'avons aucune leçon à recevoir de personne.
Luc-Antoine Cauchon
Candidat d'Option nationale
Roberval