Mettre des balises

Certains groupes, dans l'histoire religieuse, ont affiché leur appartenance par leurs vêtements ou d'autres signes extérieurs. Vers la fin des années 1960, la déconfessionnalisation a fait en sorte que les groupes religieux, surtout ceux qui étaient dans l'enseignement, eurent à changer leurs vêtements afin de ne plus être identifiés à des groupes religieux. Je pense ici aux frères, aux soeurs et aux prêtres principalement, ceux qui étaient omniprésents à ce moment-là dans notre environnement.
La transition ne s'est pas faite aussi facilement qu'on pourrait le croire. Dans la biographie de soeur Angèle, qui fait partie de la congrégation des Soeurs du Bon-Conseil, elle fait part de ce fait, alors que la congrégation avait requis les services d'un couturier afin qu'il leur confectionne un vêtement laïque. Malheureusement, celui-ci les identifiait encore à leur qualité de religieuse et leur intégration auprès de la population ne se produisait pas à cause de ce fait.
Elles se sont habillées alors, toutes différemment, comme la population, et elles ont pu se fondre dans la masse. C'est ainsi qu'elle-même a pu, notamment, faire partie de groupes de cuisiniers, sans être associée à la vie religieuse. Car, que voulez-vous, le regard que l'on portait sur une religieuse était handicapé par la perception que les gens avaient de ces groupes.
La Charte des valeurs vient donc baliser les élans que certains groupes, extérieurs à notre perception québécoise, voudraient implanter dans notre pays.
Bien sûr, il y a bien des dérapages de part et d'autre, mais nous devons baliser, d'une manière ou d'une autre, les tendances qui se dessinent présentement et qui viennent en conflit avec notre approche qui en est une d'ouverture face aux autres. Par contre cette ouverture se doit d'être balisée et je crois que l'adoption d'une Charte des valeurs québécoises servira de balises.
Michel Ricard
Chicoutimi