Matinée dominicale de pur bonheur

OPINION / Assister à un concert où se rencontrent un piano et un violon constitue pour moi une belle occasion d’apprécier l’œuvre d’un grand compositeur. Or, dimanche dernier, à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob à Jonquière, c’est au mariage parfait, pour le meilleur, que les deux instruments ont séduit une salle remplie à craquer pour entendre Michel Alexandre Broekaert, virtuose du piano, au toucher exceptionnel sous lequel la musique respire et s’épanouit ; alors que sa partenaire non moins remarquable, Nuné Melik, d’origine arménienne, au doigté magique et à la gestuelle fougueuse, mais gracieuse, s’exécutait généreusement sur un violon fabriqué au 19e siècle.

Deux fois plutôt qu’une, le tandem fusionnel a fait preuve d’une maîtrise peu commune en jouant la célèbre pièce du compositeur arménien Aram Khatchatourian : La danse du sabre. D’une ardente vitalité, cette pièce, pour ma part, fut le clou du spectacle ; son interprétation était taillée sur mesure pour le duo.

Vous l’aurez peut-être deviné, ces extraordinaires artistes sont venus à notre rencontre pour nous faire découvrir des trésors cachés ; ceux de grands compositeurs classiques arméniens, tels Alexandre Spendarian, Arno Babadjanian et Aram Khatchatourian.

Les Jeunesses musicales du Canada, dont l’équipe locale de bénévoles dirigée avec élégance et chaleur par Luc Bouchard, qui personnifie le sympathique frère Tarcisius, reçoivent quatre fois par année les mélomanes qui apprécient la musique classique. Je parle bien de réception ; après le spectacle, nous sommes reçus à manger de la vraie tourtière du Lac et à donner notre appréciation de ce que nous avons vu et entendu.

À ma connaissance, il ne se pas passe une année sans que cette belle « gang » des JMC de Jonquière, à qui je dis merci et bravo pour son engagement, ne nous conduise à la découverte de la nouveauté.

Tout en nous rappelant, par contre, au bon souvenir de ce qui est mieux connu. À ce titre, le prochain rendez-vous JMC à Jonquière mettra en scène nul autre que le célèbre compositeur Jacques Offenback et son opéra bouffe culte, La belle Hélène.

Marcel Lapointe

Jonquière

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LETTRE D'UN CINÉPHILE

Une autre édition du festival international du court métrage REGARD au Saguenay a pris son envol mercredi et, encore une fois, le cinéma sera célébré de fort belle façon, et ce, du 13 au 17 mars. Je suis de près ce festival depuis plus de 20 ans. Un festival qui fait la fierté de ma région.

Au début, Sébastien Pilote faisait partie de l’organisation de cet événement devenu aujourd’hui un incontournable. Le cinéaste réputé qu’il est devenu a fait ses débuts en réalisant des courts métrages. En fait, il n’est pas le seul, car nombreux sont les cinéastes qui ont fait leurs premières armes en se frottant au court métrage. Que ce soit un court ou un long métrage, un film demeure un film. Idem pour les films d’animation ou les documentaires.

Peu importe la longueur, le style et la forme, le cinéma est d’abord et avant tout un art porté par ceux qu’on nomme les cinéastes, il va de soi. Le cinéphile que je suis tient ici à leur rendre hommage par la présente.

Aussi loin que je me rappelle, le cinéma m’a toujours interpellé. Au Québec, des cinéastes tels que Pierre Perrault, Michel Brault, Serge Giguère, Micheline Lanctot, Léa Pool, Paule Baillargeon et Denys Arcand ont façonné mon parcours de cinéphile.

Rares sont les films d’Ingriid Bergman ou de Win Wenders que j’ai loupés. Mais ma liste des grands cinéastes de notre monde serait trop longue ici pour que je puisse en faire mention. Voilà des artistes qui me fascinent. Si vous êtes aussi des amoureux du septième art, sans doute que vous me comprendrez fort bien.

Car le cinéma est un art ouvert. Un art de l’essai ! Un art de la tentation ! Un art en évolution constante ! Les cinéastes sont des artistes qui s’ouvrent sur le monde. Des artistes qui osent !

Les cinéastes de talent sont ceux et celles qui refont leurs devoirs au début de la création de chacun de leurs films.

Les grands cinéastes m’étonneront chaque fois. Ils me proposeront des avenues différentes tout en gardant le style qui leur est propre, la touche qui est la leur et le génie qui les démarque.

Les cinéastes dignes de ce nom sont de grands amoureux de l’image, de la beauté, de la vérité et de l’évocation. Des hommes et des femmes qui nous font vibrer et nous émouvoir, tout en faisant honneur au septième art.

Yvan Giguère

Saguenay